Fragilisé, Haddad veut se recentrer en Kabylie par le foncier industriel

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

C’est en grande pompe qu’Ali Haddad, accompagné du wali de Tizi Ouzou et de Lakhdar Madjen, son délégué à Tizi Ouzou, s’est rendu le 14 juillet au village Ait Kheir, dans la commune d’Ait Khelili, pour assister à l’inauguration de la troisième édition du salon national de la poterie. Visite alibi car le but était ailleurs puisque lors de ce déplacement, le chef du FCE en a profité pour évoquer avec insistance la zone industrielle de Souamaa qui n’en finit pas de défrayer la chronique depuis que l’APW, dirigée à l’époque par le RCD, l’avait choisie comme pôle d’excellence industrielle pour la wilaya en 2010.
Après plusieurs confits avec des propriétaires, une solution consensuelle avait fini par se dégager avant que la wilaya ne déboute, pour des prétextes discutables (voir Ameslay du 24/07/18), les ayants droits qui demandaient réparation.
Pendant toutes les années où les élus locaux se sont mobilisés pour arriver à un compromis satisfaisant pour toutes les parties, aucun membre du patronat ne s’était manifesté.

« Nous avons consacré la plus grande partie de notre énergie à ce dossier car c’est la seule assiette qui peut assurer un développement viable et intégré de notre wilaya. Cette zone est pour Tizi ce qu’Akbou est à Bgayet», résume un ex élu APW qui a suivi le projet dès le départ. Dans la foulée, il pose une question qui brûle toutes les lèvres : « pourquoi Ali Haddad choisit-il particulièrement ce moment pour se souvenir de ce dossier et laisser courir la rumeur que c’est lui qui va lever tous les blocages ? »

Pour Brahim T. un ancien membre de la chambre de commerce et d’industrie du Djurdura « cette irruption peut être une occasion de viser d’autres lots comme il l’a fait sur la zone d’Azeffoun pour un méga projet touristique qui accuse retard sur retard; au point d’avoir suscité la colère du ministre du tourisme en visite sur le site. » C’est aussi, ajoute ce témoin coutumier des procédures des attributions occultes, « une façon d’envoyer un message aux investisseurs potentiels de la région dont les plus sérieux boudent le FCE en sous-entendant que les postulants doivent lui montrer patte blanche. »
Un cadre de banque, bon connaisseur des débats intimes des clientéles de Tizi et qui requiert l’anonymat, donne de cette sortie une explication franchement politique. Pour lui, le déplacement de Haddad et de Madjen est une opération de protection car les deux hommes, bien que n’ayant pas appartenu au même clan, sont en position difficile.
Selon notre interlocuteur, Madjen est « connu pour avoir été très proche de Tebboune » (qui fut une victime d’oligarques, au premier rang desquels figure Haddad NDLR).
On apprend, en effet, au niveau de la chambre de commerce que depuis la chute du furtif premier ministre, les affaires de Madjen périclitent. Ces difficultés et la récente interpellation du fils Tebboune ont elles précipité son rapprochement avec Haddad ?
Pour ce qui concerne Haddad, la lecture du banquier est plus directe.
Selon lui, l’émergence d’un « autre pôle du pouvoir autour de l’armée inquiète au plus haut point les Haddad qui ont mis tous leurs œufs dans le même panier » et d’ajouter que « la tentation de donner l’impression que c’est lui qui a débloqué la zone industrielle de Souama est une assurance vie destinée à faire comprendre aux vainqueurs du prochain round, qu’un Haddad se prévalant du soutien d’une partie des opérateurs kabyles pourrait encore leur être utile. »
Toujours est-il que la ville des genets s’enfièvre depuis cette virée surprise qui prétend lever les blocages sur les investissements en Kabylie au moment où le groupe CEVITAL, premier employeur privé du pays, connaît encore des obstructions rocambolesques à Bejaia sans que le FCE n’ait, à ce jour, soufflé mot.

Akli Rahmoune

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :