MODELES PERILLEUX POUR L’ALGERIE : ERDOGAN OU SISSI

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Jusqu’à ce début de semaine, les purges lancées dans la foulée de l’affaire de la cocaïne-gate ont touché plus de 120 cadres supérieurs exerçant dans la police, la gendarmerie, les douanes, les banques, la justice etc.

La rapidité avec laquelle sont menées ces sanctions et l’étendue comme la sensibilité des secteurs qu’elles touchent donnent à penser que les listes étaient « dans le frigo » depuis longtemps. Ce qui amène les observateurs suivant ce dossier à une première interrogation qui en soulève d’autres. Si ces hauts cadres étaient déjà fichés pour connivence avec le trafic de cocaïne, cela voudrait dire que les 701 kilos n’étaient pas la première cargaison envoyée en Algérie. Pourquoi a-t-on fermé les yeux sur les chargements précédents ? Combien y en a t-il eu ? Depuis quand existent ce ( ou ces ) réseau (x) ?..

Autre constat : la plus grande partie des fonctionnaires ciblés sont pour la majorité originaires de M’sirda ( ouest ) ou de sa région ; zone qui a largement bénéficié des promotions népotiques, dénoncées en catimini, sous le règne de Bouteflika.

Il semble bien que l’affaire de la cocaïne a servi de déclencheur à une opération préparée de longue main.

De quoi peut-il s’agir ? Deux scénarii, qui en réalité n’en font qu’un, sont avancés.

Le premier suppose que Bouteflika, Erdogan momifié, est encore aux commandes, qu’il a toujours son emprise sur l’armée via le chef d’état-major et qu’il peut se permettre de sacrifier quelques uns de ses protégés, dont certains commençaient à se prendre au sérieux, pour redresser une autorité vacillante et décider le moment venu quand et comment passer la main, si toutefois il le souhaite. Toutes proportions gardées, le prétexte cocaïne serait la tentative du coup d’Etat avorté en Turquie.

La seconde analyse donne déjà Gaid Salah comme le maître du pays. Ce qui revient à donner crédit à une petite musique serinée dans les salons algérois depuis plus d’une année. L’idée, patiemment distillée, est de dire que les civils, incapables de gérer le pays, doivent s’effacer devant l’ANP, seule garante d’ordre et de stabilité. C’est le modèle Sissi. A ceci près que les frères musulmans qui ont été la première cible du maréchal égyptien sont, en Algérie, les meddahs du retour de la fantasia militaire, dixit les appels de Mokri lancés à Gaid Salah « pour gérer la phase de transition ».

Dans les deux cas, la prétendue lutte contre la corruption apparaît comme un enfumage, ce qui ne veut pas dire que les sanctionnés, détenus ou non, sont tous innocents.

Dans les deux cas on observe que le vice-ministre de la défense, qu’il joue les faiseurs de roi ou qu’il joue sa propre partition, a encore pris du galon dans l’affaire de la cocaïne gate.

Dans tous les cas la vraie victime risque d’être, une fois encore, la démocratie

Younes LAKRIB

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