Retraite : la CNR paie-t-elle les frais d’une politique hasardeuse ?

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Ça va de mal en pis pour la caisse nationale des retraites (CNR). En dépit de l’injection, récente, de l’argent frais, grâce bien sûr à la planche à billet, la caisse risque la faillite. Les pensions des retraités sont ainsi plus que jamais menacées. Ce n’est pas l’avis d’un expert aigri. Il s’agit, au contraire, d’une affirmation du premier responsable de la CNR, Slimane Melouka.

Selon lui, les cotisations des travailleurs ne couvrent plus les dépenses de la Caisse nationale des retraites (CNR). S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, le directeur général de la CNR qualifie, en effet, la situation financière de la CNR d’intenable.

Alarmiste, Slimane Melouka affirme que la caisse qui verse un peu plus de trois millions de pension de retraite « ne pourra plus continuer à assurer ce paiement de manière régulière ». « La CNR est aujourd’hui dans une situation où seulement deux travailleurs cotisent pour un retraité, pour que la caisse retrouve son équilibre il faut au moins cinq cotisants par retraité », explique-t-il.

Pour appuyer son constat, le DG de la CNR a fait savoir que l’écart entre les recettes de sa caisse et ses dépenses avoisine les 500 milliards de dinars. « On se retrouve avec une situation où les recettes tournent autour de 700 milliards de dinars, en droits contributifs et en aide de l’Etat, et des dépenses qui vont dépasser 1200 milliards de dinars à la fin 2018 », souligne-t-il.

Selon lui, la situation financière de la CNR s’est « dégradée, à partir de 2014 et 2015, pour atteindre un niveau assez important dans les années 2016, 2017». Ainsi Slimane Melouka a plaidé pour une réforme du système des retraites en Algérie.

D’ailleurs, il a annoncé l’engagement d’une réflexion dans ce sens par sa direction afin de trouver de nouvelles formes permettant à la fois, de garantir l’équilibre financier de sa caisse et d’assurer le paiement régulier des pensions. Mais, le premier responsable de la caisse ne donne pas les raisons qui ont conduit la CNR à cette situation ?

Il y a quelques années- au temps de l’embellie financière- l’Etat avait décidé de consacrer 1% de la fiscalité pétrolière à la caisse des retraites. L’objectif visé était de permettre à la caisse d’avoir des ressources financières suffisantes. Où est passé cette argent ? A-t-il été versé réellement à la caisse ? Ce n’est pas le cas visiblement.

Car la caisse, selon les déclarations du premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait été sauvée de la faillite grâce à un prêt de la CNAS qui s’élève à 500 milliards de dinars. Y-t-il une mauvaise gestion ? Selon plusieurs syndicalistes, la CNR a été obligée, par exemple, d’assurer le paiement des retraites des gardes communaux (environ 90 000 éléments), « alors que cette tâche devait être confié à une caisse spéciale ».

Mais ce qui a précipité cette crise est, sans doute, la dernière révision de la loi sur la retraite. Avec l’annonce de la suppression de la retraite anticipée et sans condition d’âge, des milliers des fonctionnaires qui pouvaient continuer à travailler encore ont dû quitter précipitamment. Ainsi, la CNR a vu ses dépenses augmenter, alors que le nombre de cotisant a baissé.

Massinissa Ikhlef 

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