Saison estivale en Kabylie: villages en fête

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Tout au long de la saison estivale, une trentaine de villages de Kabylie célèbrent un pan de la culture locale, un métier artisanal ou une spécificité agricole.
Ath Yenni, Tiferdoud, Maâtkas, Bouzguène, Ath Kheir, Ath Hichem, et on en oublie encore, jaloux de la pérennisation de leurs us et coutumes ou de leur savoir-faire, invitent le large public à venir à la découverte d’un patrimoine qui fait leur fierté.
L’espace d’une fête ou d’un festival, les villageois, hôtes d’un public amateur ou profane, dévoilent, à cette occasion, une dextérité, souvent héritée de leurs ancêtres.
Si certaines manifestations comme la fête du bijou d’Ath Yenni, la fête du tapis d’Ath Hichem ou la fête de la poterie de Maâtkas sont connues et accueillent des milliers de visiteurs à chaque édition, d’autres manifestations commencent doucement à se faire connaître et à rallier autour d’eux des amoureux d’authenticité et de tradition. C’est notamment le cas du rendez-vous des plantes médicinales de Mzeguene, de la fête de la figue fraîche de Lemsella, de la fête de la figue de barbarie de Sahel, de la fête de la forge d’Ihitoussène, du festival de la robe kabyle-Ihemziene…etc. Des rendez-vous qui gagneraient à être plus connus au niveau national, tant on y œuvre à la valorisation de purs produits du terroir.
En outre, les organisateurs de ces événements, en l’occurrence les comités de villages, les associations ainsi que les autorités locales et wilayale concoctent pour chaque événement, un vaste programme dont des expos-ventes, des activités artistiques et des conférences-débats afin de discuter autour de thématiques inhérentes à l’artisanat ou encore à la création de micro-entreprises afin de permettre aux porteurs de projets de les concrétiser et de pouvoir apporter une véritable manne à la localité.

Azrou n’thor, une escale spirituelle
Autre rendez-vous accueillant des milliers de visiteurs chaque année, le pèlerinage à Azrou N’Thor. Culminant à 1850 mètres d’altitude, ce pic montagneux dominant la région d’Iferhounène et offrant une vue panoramique sur Azazga au nord, Larbâa Nath Irathen au sud-ouest, Akbou à l’est, jusqu’aux environs de Bouira au sud-est, est connu pour être un lieu de pèlerinage annuel. Tirant ses origines d’une époque très lointaine, on raconte qu’il y a plusieurs siècles, un saint vivant vraisemblablement en ermite sur les lieux où dans les parages, serait décédé en tombant du haut de ce lieu après avoir accompli la prière du « dohr ». Pour honorer sa mémoire, les habitants de la région érigent un mausolée (lemqam) également appelé el djama’oufella, sur le lieu même où il a perdu la vie. Depuis, les villages de Zoubga, Aït Adella et Aït Atsou se réunissent, chaque mois d’août, pour les préparatifs de cette fête locale à laquelle assistent des visiteurs venant d’un peu partout. La longue procession humaine monte jusqu’au pic, dans une ambiance joyeuse, puis, aux coups de midi, des plats de couscous, richement accompagnés de viande sont servis aux présents. Vers 13h (à l’heure du dohr, T’hor, en kabyle, d’où le nom du rocher), agraw (l’assemblée) s’installe sous les arbres pour recevoir l’offrande et prêcher la bonne parole.
Il va sans dire que beaucoup de manifestations reviennent chaque année grâce à la seule volonté citoyenne. Les autorités locales gagneraient à y apporter leur contribution car c’est à travers de ce genre d’initiatives que l’on parvient à passer le flambeau d’une génération à une autre et à préserver ce que l’on a de plus cher et de plus valeureux, à savoir notre patrimoine, notre savoir-faire ancestral et notre identité.

Kahina A.

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