Béjaia -Beni Maouche : Le programme Cap Del Est-il Remis en Cause ?

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Le programme Cap Del, initié par les bailleurs de fonds que sont  le PNUD, L’UE et le gouvernement algérien à travers les départements  de l’intérieur et celui des affaires étrangères, a suscité un espoir  et un engouement  sans précédent  auprès des populations  de Beni Maouche. Une Commune/daïra qui compte plus de16000 habitants répartis sur 30 villages éparpillés sur une superficie de 95 kilomètres carrés. Une commune rurale à double vocations : agricole et touristique (tourisme de montagne) mais qui n’arrivent pas à s’affirmer en tant que leviers du développement local malgré les efforts de la société civile, très active d’ailleurs, et ceux du jeune et dynamique maire de cette localité. Le dit programme est un projet pilote pour 10 communes algériennes appelées communes modèles réparties à travers le territoire national. Il vise à :

1-Renforcer les capacités des acteurs du développement local à améliorer la gouvernance (démocratie participative en y intégrant les femmes et les jeunes).

2- Appuyer techniquement et financièrement les autorités locales et la société civile dans la réponse à leurs priorités en termes d’amélioration des opportunités économiques et d’accès à des services de qualité.

3-Soutenir la modernisation et la simplification des procédures administratives (numérisation).

4-Renforcer les capacités de prévention et de gestion des risques. Ce sont 11 702 000 Dollars U.S qui ont été mobilisés pour l’opération, dire l’importance et les dividendes de ce dernier sur la vie des communes choisies.

La commune de Beni Maouche  figure parmi les 10  élues mais à laquelle la toute chance a tourné le dos au grand damne des potentialités qu’elle recèle : Une qualité de figues à laquelle une fête est dédiée,  des sites historiques plantés dans une nature féerique et un tissu associatif aux compétences humaines inestimables ; La déception et la colère se lisent sur beaucoup de visages que nous avons eu à rencontrer  et dont les voix s’accordent a y voir une main qui veut les exclure du programme.  « C’est la formation, les études et le diagnostic qui nous intéressent » clame d’une voix désespérée un jeune avant d’ajouter : « pour l’argent, nous avons l’habitude il n’y a qu’à voir les subventions de l’état pour un aussi grand territoire ». Un autre citoyen, moins jeune celui-ci, fulmine : « Il n’y a que nous et la commune de Tigzirt qui sommes à la traine de ce projet, deux communes de la Kabylie, tout est claire »avant qu’un de ses concitoyen l’interrompt : «  on nous prive de tout ,y compris d’une assistance technique, comme ils font avec l’investissement .voyez le projet de Cevital »s’écrie-t-il

Au siège de l’APC, le jeune, Mokrane Labdouci, édile de la localité nous reçoit dans  son bureau  et nous explique toute la détresse qui s’emparerait  de beaucoup de jeunes et qui étoufferait un espoir si  le projet venait à être avorté. Maîtrisant bien son sujet, il commence par nous relater les événements tels qu’il les a vécus : « Le programme balbutiait en 2016 alors que j’étais vice-président de l’APC sortante. En mai 2017, il y eut l’installation de la commission communale avec ses quatre ateliers et celle du coordinateur communal en la personne de Boukider Abdelatif, un jeune diplômé natif de la commune. L’APC lui a attribué un bureau et les travaux des ateliers étaient lancés. Nous attendions la restitution des diagnostics territoriaux pour continuer les travaux mais rien ne nous est parvenu depuis. » Et d’ajouter amèrement : « La préparations des élections locales (APC/APW) de 2017 puis les Fêtes de fin d’année ont été le prétexte avancé pour le retard. Voyant les choses se corser, j’ai adressé une première correspondance au Directeur National du Cap Del en date du 29 avril 2018 qui n’a eu aucune suite, alors j’ai adressé une deuxième en date du 29 mai 2018 et qui reste lettre morte à aujourd’hui. » Le Président de L’APC nous tend les copies des deux correspondances. « Ce sont des signes annonciateurs de l’exclusion de la commune de Beni Maouche qui se font ressentir » écrit –il dans sa dernière missive. L’air désabusé, le maire nous déclare cette sentence : « C’est ce sort qu’on réserve à une commune qui a fait don de 1014 martyres sur une population de 3500 âmes pour l’indépendance de l’Algérie » puis de reprendre « Les huit autres communes, en dehors de la nôtre et de celle de Tigzirt dans la wilaya de Tizi Ouzou, sont à la huit ou neuvième rencontre et les programmes se poursuivent normalement. ». « La rencontre du 10 juillet 2018 entre les quatre promoteurs du projet a ravivé notre espoir de voir se profiler une solution mais Hélas !»Se désole encore le jeune maire.

Un appel au respect des engagements pris devant des partenaires étrangers est plus qu’un devoir. Il y va de la crédibilité de l’état et de l’avenir d’une population qui souffre encore le martyre.

Kamel  Aidli

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :