BOUTEFLIKA : l’arroseur arrosé

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La kermesse va bientôt commencer. Les courtisanes sont apprêtées et le harem attend ses pachas, sauf que cette fois, celui qui a le plus jouit des orgies politiques algériennes sera bel et bien absent. Il a pourtant traversé toutes les tempêtes et endossé tous les costumes idéologiques. Il fut socialiste, alter ego de Carlos le révolutionnaire, islamo-conservateur, libéral …Et toujours avec le même aplomb.

Bouteflika qui a manipulé toute sorte de situation et abusé tous ses pairs est aujourd’hui impliqué dans un scénario dont il ignore tout. Hagard, cloué sur un fauteuil roulant depuis des années, il est la risée du monde et le jouet de ceux qu’il a fait rois et qui l’exposent de temps à autre pour exploiter sa fonction. La machine du cynisme qu’il a si bien utilisée le broie impitoyablement.

Les oligarques, à l’image d’un Kouninef, béni par le frère régent, ne demandent qu’à se prévaloir de son autorité virtuelle voire de son nom pour continuer le siphonage des dernières ressources nationales, quitte à violer les lois et abîmer un peu plus l’image d’un pays qui ne parvient même plus à cacher son intégration dans les réseaux maffieux internationaux. Cette existence végétative fait aussi le bonheur des militaires, accusés ces dernières semaines d’avoir fomenté ce qui ressemble à un coup d’Etat à blanc en dépossédant la DGSN de ses prérogatives dans l’enquête sur le dossier cocaïne avant de mener des purges dignes des révolutions de palais les plus impitoyables. Disposant d’un cadavre politique par qui on peut faire passer les décisions les plus scabreuses, la hiérarchie militaire ne demande qu’à laisser la momie dans la vitrine étatique pour continuer son nettoyage sans toucher à un ordre constitutionnel désormais inerte et désincarné.

Pendant que les limogeages et sanctions se poursuivent au nom d’un chef de l’Etat présent-absent, les demoiselles de compagnie sont appelées à faire le show en exaltant le génie et la lucidité d’une ombre humaine à laquelle il est demandé de survivre jusqu’à ce que les nouveaux parrains aient trouvé pour 2019 celui qui doit continuer à servir d’alibi civil au système militaro-policier. Et cela repartira comme en 14. En tout cas c’est ce que les potentats du régime croient toujours possible.

Celui qui a survécu à toutes les tornades en jouant les uns contre les autres sert aujourd’hui de masque dans une pièce qu’il n’a pas écrite et qu’il ne jouera probablement jamais.

Younes Lakrib

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