Au sénat algérien: On invoque l’immunité pour justifier la corruption    

« Les loups ne se mangent pas entre eux ». Cet adage s’applique aux sénateurs de la majorité, FLN, RND et tiers présidentiels. N’ayant jamais agi contre la cherté de la vie, les atteintes aux libertés et la mauvaise gouvernance, ces sénateurs ont signé, ce matin, une fronde étrange.

Pour dénoncer l’arrestation de leur collègue de Tipaza, Malik Boudjouher, accusé de corruption et lâché par son parti, le RND, ces sénateurs ont boycotté la cérémonie d’ouverture de la session 2018-2019 du Conseil de la Nation.

Rassemblés à l’entrée de l’hémicycle et dans le hall du sénat, les frondeurs ont décidé de laisser le président du Conseil, Abdelkader Bensalah discourir seulement devant le staff gouvernemental qui a assisté, comme l’exige le protocole, à cette cérémonie.

Cette action, explique-t-il, a pour but de dénoncer « un règlement de compte » et « une atteinte à l’immunité parlementaire ». Certains élus du FLN accusent même le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, « de vouloir attenter au parlement ».

Malgré le fait que leur collègue a été pris en flagrant délit, les protestataires crient à la « machination ». « La décision de son arrestation est anticonstitutionnelle. Le sénateur est protégé par l’immunité parlementaire. Comment se fait-il qu’il se retrouve en prison sans preuve ?», déclare le représentant du FLN, Mahmoud Kessari.

Le sénateur de Laghouat affirme « qu’aucun dossier concernant cette affaire n’a été envoyé au sénat concernant cette affaire ». « Malgré cela, le bureau du conseil de la Nation n’a introduit « aucune demande de libération du cerné », dénonce-t-il.

Pour lui, Malik Boudjouher « est victime du pouvoir de l’argent » et d’un « règlement de compte ». « C’est un homme d’affaires puissant qui est derrière l’emprisonnement de notre collègue », insiste-t-il, jugeant que cette affaire « est liée à la présidentielle de 2019 ».

Pourtant, la Constitution et le code pénal sont clairs sur ce sujet. Il y a plus d’immunité dans le cas de flagrant délit. « En en cas de flagrant délit ou de crime flagrant, il peut être procédé à l’arrestation du député ou du membre du Conseil de la Nation. Le bureau de l’Assemblée populaire nationale ou du Conseil de la Nation, selon le cas, en est immédiatement informé. Il peut être demandé par le bureau saisi, la suspension des poursuites et la mise en liberté du député ou du membre du Conseil de la Nation », stipule l’article 128 de la constitution.

Massinissa Ikhlef 

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