CONCOURS DE LA MOSQUÉE D’ALGER : un phallus sur la baie

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Le regretté Momo, passionné kasbadji devant l’éternel, aimait à dire que vue de la mer comme de la terre, la baie d’Alger est comme une femme. Le cap de Tamentefoust et la pointe de l’Amirauté sont deux membres qui accueillent avec amitié ou volupté le visiteur selon qu’il voit dans ces excroissances des bras ou des cuisses.
Depuis que Bouteflika a décidé, sans consulter personne, d’écraser la capitale par un monumental bahut, l’ironie irrigue les ruminations des jeunes dans les quartiers, quand, le soir venu, ils se retrouvent pour assouvir leurs dépits et frustrations par leurs échanges acerbes.
Un garçon de café du quartier Brossette redoutant de recevoir un jour sur la tête l’érectile minaret a fait l’unanimité en décrétant qu’on leur a bousillé leur ville en y plantant un phallus qui la viole H24.

Plus urbains, d’autres commentaires ne sont pas plus tendres.

Nous publions intégralement la « contribution » d’un cadre du ministère des finances qui a assisté aux décisions les plus burlesques ayant marqué ce projet à rebondissements. L’homme ne manque visiblement pas d’humour et avoue, devant ses proches, être en train de se tâter avant de participer au concours lancé par la présidence pour décrire la grandeur de ce monument, ce qui est une invitation à peine voilée à célébrer de celle de son concepteur. Et en matière de description, il y a va fort.

« La mosquée est construite par des athées, c’est à dire des Chinois militants d’un parti communiste qui n’a pas hésité à « nettoyer » le Coran pour ne laisser qu’une version aseptisée aux Ouigours.
La mosquée est financée par le trésor public, c’est à dire l’argent du citoyen auquel on n’a pas demandé son avis.
La mosquée est réalisée au détriment de la santé et de l’éducation dans un pays où on meurt de piqures de scorpion et de choléra faute de sérum et d’entretien des égouts et où les élèves sont parqués dans des préfabriqués par manque d’infrastructures scolaires dignes de ce nom.
La mosquée coûtera plus de cinq milliards de dollars et même notre ministère ne peut pas donner une comptabilité transparente de ce gouffre financier.
La mosquée est dénoncée comme une plaie urbanistique et une erreur architecturale par d’éminents membres de l’ordre des architectes. Même les anciens détenus y vont de leurs souvenirs. Ils comparent les interminables murs extérieurs à ceux de la prison d’El Harrach. Pour leur part, les jeunes appellent son minaret « sexe en érection ». Personnellement j’ai aussi vu un testicule dans la coupole qui jouxte le minaret et en renversant l’image on a un organe sexuel mâle prêt à la pénétration.
La mosquée est vouée à la décadence, car sans recettes, le coût de son entretien est abyssal. Elle a une chance sur mille d’être utile si elle est transformée en structure d’enseignement et de recherche ; le minaret pourra toujours servir de support aux instruments d’observation astronomique.
Enfin, et c’est le plus grave, personne ne peut dire combien tiendra cet édifice construit sur des sables mouvants. »
Si avec ça cette candidature n’obtient pas le premier prix…

Ryad Rahim

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