Conflit d’intérêt à l’APC de Tizi Ouzou : des élus s’accaparent la part du lion des subventions

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

On n’est pas mieux servi que par soi même. C’est le cas de le dire au niveau de l’APC de Tizi Ouzou.

Selon l’état de la répartition des subventions aux associations à caractère culturel dans le cadre du budget primitif 2018 (document en notre possession daté du 26 août 2018), sur un montant de 10 millions de DA à répartir entre 14 associations, 3 associations se sont accaparées 6,1 millions de DA (soit 61% du montant) et les 11 autres associations se sont réparties les 3,9 millions de DA restants. Les 2 plus gros montants, soit 2,2 millions de DA et 2,1 millions de DA, sont revenus à 2 associations présidées par 2 élus qui siègent dans cette même assemblée.

On soupçonnait le business des subventions mais à l’APC de Tizi Ouzou, on bat tous les records et on ne s’embarrasse même pas de mettre les formes. Car les 2 élus qui président les associations en question n’ont pas hésité à assumer, au mépris de loi, une situation de conflit d’intérêt manifeste puisqu’ils ont pris part à la session ordinaire de l’assemblée qui s’est tenue le 27 août dernier et ont, bien évidement, voté pour la répartition qui a été faite par la commission sociale, culturelle et sportive.

Pourtant en matière de conflit d’intérêt la loi est très claire. Elle prévient qu’aucun membre de l’APC ne doit assister à une séance, ni ne doit prendre part à une délibération portant sur un objet qui le concerne ou l’intéresse lui, son conjoint, ses ascendants, ses descendants jusqu’au quatrième degré, ou en tant que mandataires. Dans le cas contraire, la délibération est considérée nulle de plein droit. La loi oblige, également, le membre de l’assemblée se trouvant dans une situation de conflit d’intérêt à le déclarer au président de l’APC. Ce que nos 2 élus n’ont, bien sûr, pas fait : ils étaient présents à la session, ils ont pris part au vote et la répartition des subventions est passée comme une lettre à la poste. Quant au P/APC, M. Aït Menguellet, il a fait comme si de rien n’était. Pourtant, il connait parfaitement les 2 élus : le premier, président d’une ligue locale est à son 4e mandat (élu cette fois sur la liste d’un parti du pouvoir) et il a siégé avec lui durant le mandat dernier ; le second, président d’une association culturelle, est à son premier mandat sauf que le P/APC le connait parfaitement pour l’avoir choisi pour figurer sur la même liste que lui.

Il serait intéressant d’enquêter sur la répartition des subventions des exercices précédents car selon des indiscrétions au niveau de l’APC, il a toujours été ainsi depuis plusieurs années. Et il semblerait, que rien que durant le mandat précédent, ces mêmes associations ont bénéficié de sommes faramineuses. Il est même évident que certains élus se portent candidat juste pour s’accaparer les subventions.

Reste maintenant à connaitre la réaction l’administration. Va-t-elle annuler la délibération comme la loi le prévoit ? Pas si sûr quand on sait que cette pratique existe depuis au moins le dernier mandat et que la tutelle administrative n’a jamais émis la moindre réserve sur ces conflits d’intérêt avérés et surtout quand il s’agit de protéger ceux qui servent le pouvoir. C’est le prix à payer et tant pis pour les dizaines d’autres associations laissées sur le carreau.

Rabah Kacimi

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :