FILM SUR BEN MHIDI : pourquoi la censure ?

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Il y a un vrai prolongement idéologique qui relie Messali, Ben Bella et Bouteflika. Le film sur Ben Mhidi est interdit parce qu’il relate le rôle peu glorieux de Ben Bella avant et pendant la guerre de libération nationale. Admettre que Ben Bella fut un agent des Egyptiens et qu’il a refusé de rentrer pour assister au congrès de la Soummam alors que Ben Mhidi qui était au Caire au même moment a pu rejoindre les congressistes, c’est ouvrir la boite de pandore sur une Histoire prise en otage par les vainqueurs d’une guerre détournée, c’est à dire, globalement, ceux qui ne l’ont pas faite.

Si le film de Bachir Derrais devait être diffusé dans sa version originale, cela voudrait dire que c’est la fin d’un système politique construit sur l’Histoire sur commande aliénée par un inoxydable arabo islamisme.

Certains relèveront, à juste titre, que le réflexe pavlovien de protection de mythes, par ailleurs contestables, qui profite à Ben Bella n’a pas joué quand Abane a été accusé de trahison par Ali Kafi. Sa veuve s’est retrouvée seule à la barre et le ministère des moudjahidine comme l’ONM, aujourd’hui aux avant-postes de la censure, étaient aux abonnés absent malgré plusieurs sollicitations. La remarque est pertinente mais dans le système FLN, le parapluie idéologique seul ne suffit pas. Il doit être fondue dans l’appartenance régionaliste, mère de la validation de tous les projets institutionnels.

N’a-t-on pas réhabilité Messali tout en continuant à livrer aux gémonies Bellounis, pourtant revendiqué par le premier comme son plus fidèle combattant ? Explication : l’un est de Bordj Menael et l’autre de Tlemcen.

L’affaire Derrais n’est que l’aspect aléatoire d’un scénario dont l’encre est le sang séché par le mensonge. C’est pour cela que la diffusion en l’état du film est des plus improbables.

Derrais devait savoir ce qui était attendu de lui au moment où il s’engageait dans ce projet. Ahmed Rachedi qui a bénéficié de plusieurs dizaines de milliards de subvention sait ce que ces aides impliquent comme soumission. Faire un film sur Krim Belkacem sans un mot de kabyle et accepter d’« oublier » qu’il a été assassiné par le régime algérien fait partie du contrat.

Akli Rahmoune

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