Médecins algériens candidats à l’émigration: La saignée continue!

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Des internes en médecine manifestent à Alger, le 30 janvier 2018, contre le service civil obligatoire, une période de un à quatre ans qu’ils doivent à l’Etat après leurs études.

Tandis qu’ils sont tabassés et pourchassés en Algérie, nos médecins représentent un « maillon essentiel du système de soins français ». Après les Roumains, les diplômés des universités algériennes talonnent. Selon le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), ils étaient 4 404 au 1er janvier 2017 (+ 60 % en dix ans). Soit environ le quart des médecins nés à l’étranger exerçant en France. Si l’on y ajoute ceux qui, nés en Algérie, ont été diplômés en France, ce chiffre monte à 14 305 personnes.

Ce sont les données publiés aujourd’hui par le quotidien français Le Monde, rendant compte ainsi d’un drame qui se joue en sourdine chez nous.

Le quotidien français ajoute que si on inclue les diplômés algériens recrutés directement par les hôpitaux français sous des statuts spécifiques (médecins qui sont acceptés comme infirmiers et soumis à des formations de mise à niveau, par exemple), le nombre serait encore plus important.

Le journal énumère aussi quelques statuts sous lesquels officient nos diplômés algériens : interne (FFI) et praticien attaché associé (PAA). « Ils ne sont pas inscrits au Conseil de l’Ordre des médecins. Ils sont officiellement sous l’autorité d’un titulaire mais en réalité, assument la même charge de travail », souligne Victoire Cottereau, auteure d’une thèse sur les « médecins migrants », cité par le journal.

Notons que depuis novembre 2017, près de 15 000 médecins résidents algériens ont observé une  grève pour dénoncer leurs conditions de travail et demander l’abrogation du service civil obligatoire. Le mouvement des médecins sous la houlette du comité autonome des médecins résident d’Algérie (Camra) avait été sévèrement réprimés par les forces de l’ordre poussant les grévistes à radicaliser leur action en refusant d’assurer les gardes dans les services des urgences des hôpitaux publics. Aujourd’hui, le secteur de la santé reste assis sur une poudrière. Les médecins résidents et la tutelle se regardent comme des chiens de faïence, les bureaucrates confortablement installés dans leurs bureaux préfèrent tourner le dos aux désidératas des professionnels de la Santé. Résultat des courses : la saignée des médecins algériens continue !

Ramdane Yacine

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