Sebiba de Djanet: Le pacte de paix renouvelé

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Chaque année, au jour de l’Achoura, Djanet renoue avec une célébration séculaire. La fête de la Sebiba est l’occasion pour les Touareg de la région de renouveler le pacte de paix scellé il y a des millénaires.

Comme il est donc de tradition, les habitants des quartiers Azelouaz et El Mihan de la ville de Djanet (wilaya d’Illizi) se lancent au premier jour de l’année hégirienne (Awal Moharram) dans les préparatifs de la fête qui connaît son apogée, aujourd’hui, jour de l’Achoura.

La Sebiba permet à ces deux tribus locales de se retrouver le temps d’une fête pour célébrer un pacte de paix conclu par leurs aïeux il y a plusieurs millénaires. Selon la légende, ce pacte de paix entre les Oraren et les Tra’Orfit a mis fin à l’une des guerres fratricides les plus longues de l’histoire des tribus Ajjer. Il remonterait à environ 1230 ans avant J.-C.

Cette manifestation regroupant les deux ksour dominant la ville de Djanet se traduit par des joutes amicales entre les habitants, exécutées avec des danses au rythme des tambourins. Le choix des participants est défini par des chouyoukh, venus de tous les quartiers et ils ont pour rôle de désigner la meilleure équipe. Leurs critères de sélection portent notamment sur les costumes, la gestuelle, les chants et les figures chorégraphiques.

Dans cette danse des guerriers, il y a quelque chose de sacré. Les masques « takanbout » qui se transmettent de génération en génération et soigneusement conservés, sont exhibés seulement à cette occasion. Les danseurs portent un costume appelé « takamest » et des sandales, les « tamba ». Dans une main, ils tiennent un sabre et dans l’autre, un foulard.

Parées de leurs plus beaux atours, les femmes également associées à cette fête, ajoutent de la féérie au moment. Munies de tambourins, elles exécutent des rythmes appelés « ganga » pour accompagner les guerriers danseurs tout en entonnant le fameux chant traditionnel « tissiouan ».

Cette chorégraphie prend fin en apothéose avec l’arrivée, sur des dromadaires élégamment parés, des « imgharen » (les sages) des quartiers d’Azelouaz et El Mihan, au milieu de chants et de sons de tambourins.

Cette célébration qui débute le matin prendra fin au coucher du soleil, avec la désignation de l’équipe gagnante. La cérémonie finale de la Sebiba a lieu sur la place Loghyya, dans le centre de l’oued Djanet.

Kahina A.

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