Série de limogeages au sein des forces armées algériennes: Le but est d’«affaiblir l’armée », selon les analystes

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Après la série de limogeages qui a touché le chef de la sûreté nationale, le général major Abdelghani Hamel, le chef de la gendarmerie nationale, et des chefs de régions militaires, le chef suprême des forces armées, Abdelaziz Bouteflika a procédé récemment encore à la mise à la retraite de 6 généraux de l’armée, et leurs passeports leur ont été retirés par ailleurs pour les empêcher de quitter le territoire en raison d’enquêtes judiciaires qui seraient lancées à leur encontre. Il s’en suivra immédiatement le limogeage de deux commandants des forces, celui de l’Aviation et celui de l’Armée de Terre.

Ce dernier double limogeage est intervenu le jour même où se tenait au sein de l’Etat-major de la Défense nationale, une réunion de haut niveau. « C’est un signe d’une volonté politique de diminuer le rôle et l’influence de l’armée en Algérie », a déclaré à la chaîne française d’infos France24, Akram Kharief, directeur du site MENA Defense, et qui ne croit pas, par ailleurs, que la raison principale et officielle à ces limogeages soit liée à la corruption, comme il est souvent évoqué dans les médias.

Dans les communiqués qui annoncent ces limogeages et ces changements qui surviennent à quelques mois de l’élection présidentielle en Algérie, il est fait mention au programme de modernisation et de changement interne à l’institution et non pas aux affaires de corruption ou de drogue qui émaillent la vie de la cité. Pour Akram Kharief, ces changements seraient liés plutôt aux prochaines échéances électorales. « Mon analyse est que ces changements au sein de l’armée et des forces de sécurité sont l’expression d’une volonté politique de civiliser le champ politique ou au moins en rétrécissant au maximum le cercle de décision pour un cinquième mandat ou pour l’après-réélection du président Bouteflika et si possible avoir le moins d’acteurs militaires possibles ».

A propos de l’ambition supposée du chef d’état-major de l’armée nationale, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, de briguer un mandat présidentiel, l’expert estime que ce dernier n’a pas cette ambition. « Gaïd Salah veut surtout entrer dans l’histoire comme étant le grand modernisateur de l’armée algérienne, celui qui aura transformé radicalement l’armée, même s’il y a à dire sur ce sujet », dira Akram Kharief. Et d’ajouter qu’« il est très fort possible que les cercles qui sont aujourd’hui au pouvoir en Algérie ne souhaitent pas de prise de décision de l’armée ou sa participation dans le processus de prise de décision dans le cadre de l’élection présidentielle d’avril 2019 ou d’un éventuel départ du président Bouteflika ». Pour caricaturer ce qui se passe aujourd’hui dans les arcanes du pouvoir, Akram Kharief dira qu’ « il y a actuellement une bagarre au couteau et on ne veut pas d’une Kalachnikov dans cette bagarre ».

Ramdane Yacine

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