11ème Salon national des arts plastiques « Abdelhalim Hemch »: Grand hommage à Choukri Mesli

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La Maison de la culture « Abdelkader Alloula » de Tlemcen accueille dès aujourd’hui et jusqu’au 31 octobre le Salon national des arts plastiques « Abdelhalim Hemch ».

La manifestation sera étrennée par l’inauguration d’une grande exposition, suivie d’une conférence animée par Zoubir Hellal, intitulée « L’histoire de la peinture et de l’artisanat. Desseins de politique coloniale en Algérie ».

Puis, ce sera au tour des étudiants des écoles régionales des beaux-arts (Oran, Tlemcen, Sidi Bel Abbes et Mostaganem) d’entrer en scène pour la réalisation d’une grande fresque murale.

Cette 11ème édition sera également marquée par le grand hommage qui sera rendu, le 30 octobre, au grand artiste plasticien, Choukri Mesli, disparu le 13 novembre 2017.

En sus de la projection d’un film documentaire consacré à la vie et l’œuvre du grand artiste peintre, une table ronde aura lieu dans l’après-midi, animée par un panel d’artistes plasticiens qui ont côtoyé et connu le défunt, en l’occurrence Karim Sergoua, Zoubir Hellal, Adnane Djeffal, Abdelkader Belkhorisset, Noureddine Belhachemi et Abderrahmane Mekki. Tarik, le fils de Choukri Mesli prendra également part à cette conférence. Partageant la même passion plastique que son père, Tarik Mesli apportera un témoignage précieux et surtout intime sur le parcours de Choukri Mesli, considéré à juste titre comme l’un des porte-étendards de la peinture algérienne moderne.

Natif de Tlemcen, Choukri Mesli y a vu le jour le 8 novembre 1931 au sein d’une famille de musiciens et d’intellectuels.

En 1947, ses parents s’installent à Alger. Choukri qui a un don prononcé pour la peinture réalise ses premières gouaches entre 1948 et 1951 et c’est durant cette période qu’il rejoint le cours de Mohamed Racim à l’Ecole des beaux-arts d’Alger.

Très engagé sur la scène artistique, il fonde le « Groupe 51 » avec des poètes et peintres dont il partage la même vision et les mêmes idées d’émancipation, à l’image de Kateb Yacine ou M’Hamed Issiakhem. Entre 1951 et 1953, il poursuit sa formation auprès d’autres professeurs des beaux-arts pour s’initier à d’autres formes d’expression artistique. Il organise ensuite une exposition de la jeune peinture algérienne à la salle du Crédit municipal d’Alger au cours de laquelle il décroche le Premier prix de la ville d’Alger.

En 1954, il monte à Paris où il s’inscrit à l’Ecole des beaux-arts. Un an plus tard, il réalise sa première exposition personnelle. En 1956, il expose avec le Marocain Ahmed Chekraoui puis, à l’appel du FLN, il participe à la grève des étudiants. Militant pour l’indépendance de l’Algérie au sein du Front de libération nationale, il renonce à exposer. En 1956 puis en 1957, sa sœur Fadela et son frère Amine sont arrêtés par les forces coloniales. Il se charge de leur constituer une défense.

De 1958 à 1960, il réintègre l’École des beaux-arts devenant ainsi le premier Algérien à obtenir un diplôme supérieur en arts plastiques.

En 1962, il est nommé professeur de peinture à l’Ecole des beaux-arts d’Alger, l’année d’après, il participe à la création de l’Union nationale des arts plastiques (UNAP). La même année, il prend part à l’exposition des « Peintres algériens » organisée à Alger pour la « Fête du 1er novembre » et, en 1964, à celle qui est présentée à Paris au Musée des arts décoratifs, puis aux nombreuses expositions organisées par l’UNAP en Algérie et à l’étranger.

L’année 1967 est une grande année pour cet artiste qui créé avec Denis Martinez le célèbre groupe « Aouchem » (Tatouage) dont il organise la première exposition.

Mesli épouse la même année Annick, professeur de lettres qui lui donne en 1968 un fils, Tarik, qui embrasse lui aussi une carrière dans les arts plastiques.

En 1969, Choukri Mesli prépare le Festival panafricain d’Alger en tant que responsable des expositions d’arts plastiques et, en 1971, il met sur pied la seconde exposition du groupe « Aouchem ».

En 1982, il entreprend un long périple d’études qui le mène à New York, San Francisco, Atlanta et Washington et où il expose avec un groupe d’artistes africains.

A son retour à Alger, il réalise entre 1983 et 1985, une fresque (Les Trois révolutions) de cent mètres carrés en carreaux de métal émaillé pour la rampe Tafourah (Alger) et trois sculptures (Hydra, Bouzareah et Bir Mourad Raïs), ainsi que de nouvelles expositions personnelles en 1986 et en 1990. Il participe, par ailleurs, aux plus importantes expositions collectives des peintres algériens en Algérie, au Maghreb et en France.

Durant la décennie noire, il quitte l’Algérie pour s’installer en banlieue parisienne où il continue à travailler et à créer.

Choukri Mesli décède le 13 novembre 2017, à l’âge de 81 ans.

Kahina A.

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