L’Algérie envisage de s’approvisionner en blé russe : la France prend très au sérieux la menace

Le secrétaire d’Etat français au Commerce, Jean-Baptiste Lemoyne, se rendra en Algérie début 2019 dans le but de défendre la cause des céréaliers français. C’est ce que rapporte l’agence Afp, reprise par France info. Cette visite est motivée par le fait que les autorités algériennes envisageraient de s’approvisionner en blé russe qui coûterait 20 dollars, ou 18 euros environ moins cher que le blé français. Cette information a évidemment mis les céréaliers français en état d’alerte maximum. Et pour cause, la quasi-totalité des importations algériennes en la matière est couverte par du blé français.

Tout a commencé lorsque l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a voulu diversifier ses importations en mettant sur la table la piste russe. Le Directeur de l’OAIC, Mohamed Belabdi, a d’ailleurs affirmé que l’Algérie est «grandement intéressée».

Les français ont vite rétorqué à l’affirmation du président de l’organe russe qui gère les exportations de blé en mettant en avant le fait qu’il est moins cher, certes, mais parce que de moins bonne qualité. Le blé français contient 0,1% de grains parasités contre 0,5% ou 0,7% pour le russe. «Il faut qu’on ait toujours une longueur d’avance sur le plan qualitatif, sinon, on se fera prendre des parts de marché», reconnaît le président des céréaliers de France, Philippe Pinta à l’AFP.

Dans la presse algérienne, on évoque même l’éventualité d’élargir le fait à d’autres approvisionnements, tel le lait ou la viande bovine.

Des médias algériens iront jusqu’à tirer la conclusion que rien ne va plus entre les deux pays, en prétextant le mécontentement supposé des Algériens à propos du nombre de visas accordés par la France. Cependant, de l’avis des experts algérien en économie, il n’en est rien et encore moins de crise entre Paris et Alger. Tout en reconnaissant la nature passionnelle des relations qui lient les deux pays, les observateurs économiques estiment qu’il y a des éléments conflictuels qui se superposent dans les échanges entre les deux Etats mais sans aller jusqu’à parler de crise ou de froid entre les deux pays

Ramdane Yacine

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