Le temps des clowns

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Il faut le dire : jamais le discours politique Algérien n’a été aussi bas. De langue de bois, on est passé au n’importe quoi. Pourtant la règle est simple : quand on a rien à dire, autant se taire. Ne dit-on pas que le silence vaut son pesant d’or ?

Mais à suivre de près,  le tiré vers le bas est devenu tendance. Il est même plausible qu’il soit l’ultime coup de marteau à tout ce qui est politique. Après avoir brimé l’action politique, cassé ses ressors, miné son terrain, on arrive à l’essentiel : parasiter son discours.

Lorsque Abdelmalek Sellal s’adonnait à cœur joie aux drôleries, y compris dans des cérémonies trop officielles, on avait dit que c’était un tempérament. Mais depuis, une kyrielle de responsables, sensés peser leur mots avant de les servir, ont fait du style Sellal un mode de communication. Mais quelle communication ! Ainsi Ould Abbas, SG du parti au pouvoir par la grâce des fraudes, Abelkader Zoukh, wali d’Alger, pour ne citer que ces deux cas, font le buzz sur les réseaux sociaux et la risée du pays dans le monde.

Incapables de livrer des messages d’espoir, pleins de sens et suffisamment structurés pour paraître crédibles, ils s’offrent  à la jeunesse en clowns. Mais derrière les fous rires qu’ils provoquent, c’est une piètre image du politique qu’ils construisent.

Même une certaine opposition semble se plaire dans cet état de glissement vers le bas. Le FFS, en excluant la journaliste et députée Salima Ghezali de ses rangs, pour avoir uniquement commis « l’outrage » de publier une tribune sérieuse sur TSA, donne le signal qu’il n’aime pas les débats de haute facture.

Heureusement qu’il y a encore des Mohcine Belabbas,  Said Sadi, Amine Zaoui, Kamel Daoud sur la scène. Tant bien que mal, ils donnent le signal que « parler sérieux  » est encore possible dans ce pays qui s’enfonce.

Moussa T

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