Artisan, un métier en quête de reconnaissance

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À l’occasion de Journée nationale de l’artisanat, La Chambre des métiers et de l’artisanat (CAM) de Bouira a consacré une semaine pour des salons et des foires d’artisanat  dans des déférentes localités tel que Bouira, Lakhdaria et Sour-El-Ghozlane, une occasion pour mettre en valeur le rôle des artisans et à promouvoir les produits artisanaux.

Environ 7 000 artisans, selon les chiffres obtenus auprès de la (CAM), possèdent leur carte d’adhérant, ce qui leur offre certains avantages. Selon la même source, plus de 11 000 emplois ont été créés, dont 6 500 sont des postes directs. « Nous avons une véritable richesse à Bouira, que nous tentons de faire fructifier », a déclaré M. Abdous Azzedine, directeur de la CAM. Et ajoutant, « Bouira possède un ‘’réservoir’’ de jeunes artisans qui ne demandent qu’à être aidés et orientés. Notre organisme offre toutes les facilitations aux artisans désireux d’adhérer à notre grande famille (…). Notre Chambre est à l’écoute et nos portes sont ouvertes à tous les artisans ».

Selon ce directeur, vu la politique appliquée surtout après  la création du Fonds national pour la promotion des activités artisanales traditionnelles (FNPAT), une centaine d’artisans vont bénéficier d’aides financières comprises entre 20 et 100 millions de centimes.  « Ces salons qui seront clôturés aujourd’hui, voient la participation de 70 exposants venus des quatre coins de la wilaya, l’occasion d’échanges que nous avons espéré fructueux dans les domaines de la tapisserie, la poterie, la céramique, la sculpture et la broderie », a souligné M. Abdous.

Selon le même responsable, un travail se fait pour faire intégrer à leur circuit les artisans qui exercent dans l’informel. « Effectivement, nous avons un certain nombre d’artisans qui exercent dans l’informel, que nous tentons de ramener dans le circuit officiel »affirme-t-il.

Durant ces manifestations, les participants ont exprimé leur incapacité de vivre avec les revenus de leurs métiers. « Le marché de l’artisanat ne va pas bien, les artisans ne peuvent pas vivre de leur créations et il n’y a que les émigrés à quelques périodes de l’année qui valorisent l’artisanat » a affirmé un artisan. Malgré que les créations ne soient pas rentables pour satisfaire leurs besoins, ces artisans sont restés fidèle à leurs métiers.  « Malgré ça, nous continuons de pratiquer notre métier pour le bonheur que ça nous procure», a certifié un participant.

Incertitudes et réticences des artisans

D’un autre coté, certains artisanats de Bouira activant dans l’ « illégalité » et exposant au niveau des accotements de la RN5 et RN26, la (CAM) de Bouira est une « prison » dans laquelle, selon eux, leurs métiers sont dénaturés. « M’inscrire à la chambre ! Pourquoi faire ? C’est une administration où la bureaucratie et le copinage règnent en maitres », dira d’un air amusé Lounes, artisan potier de la commune d’Omar (18km au nord-ouest du chf-lieu de la wilaya) . Et d’ajouter, « Honnêtement, je n’ai nullement besoin de l’aide de l’Etat pour faire mon business, je leur demande uniquement de me laisser travailler en paix ». Lounes, n’apprécie guère le qualificatif de commerçant informel. « Si le fait de refuser de rentrer dans les manigances de la chambre de l’artisanat et de subir leur diktat, fait de moi un commerçant informel, alors oui, je le suis ! », a-t-il lancé.  Pour d’autres artisans activant dans l’informel croisés à la sortie d’Ahnif (45km à l’est DE Bouira) , faire partie de la « famille » de la CAM de Bouira, ne les intéresse pas et surtout « ne leur rapporte rien ». « Une carte d’artisan, non merci ! Il faudrait débourser 8000 DA, payer des charges et des cotisations et pointer à chaque festival. Adhérer à la CAM, c’est vendre son âme au diable », tranchera Salim, un artisan- bijoutier de la localité d’Ighrem.  Et d’enchaîner « Cela fait 15 ans que j’expose ici et aucun responsable n’est venu écouter mes problèmes (…) donnez-nous des locaux et laissez-nous travailler en paix ! », lâchera-t-il.

Pour d’autres artisans légaux, Salim Et Lounes, sont perçus comme des « concurrents déloyaux ». « L’informel a pris de l’ampleur dans ce métier (…) Nous avons du mal à faire face à cette concurrence déloyale », expliquera un apiculteur rencontré dans le hall de la Maison de l’artisanat de Bouira.

Il est à souligner que  les organismes de soutien et d’accompagnement, tels que l’Ansej, l’Angem, la Cnac, et les banques, par leurs crédits financiers, entaient présents à cet événement, afin d’encourager les artisans à relancer les produits artisanaux.

SAIDANI KASSI

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