Bouteflika tente-t-il de fuir sa responsabilité dans l’impasse actuelle?  

Jeter la responsabilité de l’impasse politique actuelle sur les autres. C’est aussi l’un des messages que l’on peut comprendre de la lettre du président Bouteflika, adressée aux participants, ce mercredi 28 novembre 2018, à la rencontre gouvernement-walis.

Visiblement très agacé par les critiques, interne et externe, de son bilan et de sa gestion des affaires du pays ainsi de sa volonté de rempiler en 2019, il chercher désormais des responsables pour leur faire porter le chapeau de ses échec.

Il parle alors « d’aventuristes » qui « promeuvent la culture de l’oubli, du déni et de la négation » et qui « ne seront jamais des forces de construction et d’édification ». « Bien au contraire, ils dissimulent les faucilles du massacre, qu’ils n’hésiteront pas à utiliser pour faire basculer le pays dans l’inconnu », écrit-il dans sa lettre lue, en son nom, par le secrétaire général de la présidence, Habba El Okbi.

« Si certains réduisent les enjeux du présent et de l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes, et entreprennent, pour des raisons obscures, de propager cette idée, vous savez, vous qui êtes sur le terrain, à relever au quotidien les défis sécuritaires et socio-économiques, que l’enjeu est beaucoup plus grand », estime-t-il.

Pour Abdelaziz Bouteflika, il est normal « que la stabilité de notre pays soit ciblée par des cercles de prédateurs et de cellules dormantes qui s’acharnent à attenter à sa crédibilité et à la volonté de ses enfants ».

Et d’ajouter : « Les manœuvres politiciennes que nous observons à l’approche de chaque échéance cruciale pour le peuple algérien est la preuve tangible de ces intentions inavouées, qui s’éclipsent dès que notre valeureux peuple leur tourne le dos ».

Le chef de l’Etat s’adresse aussi aux membres du clan. « L’époque où l’on prend le bâton par le milieu est révolue », précise-t-il, comme pour sommer tout le monde de se positionner avant les élections.

Implication des walis

Ces termes, selon l’ancien diplomate, Abdelaziz Rahabi, « sont d’une gravité convoquée qui ne rassure ni le peuple ni les dirigeants eux-mêmes ». « Le président de la république en présentant l’inventaire des tares d’une gestion exclusive sans contrôle populaire ou judiciaire reconnait sans le reconnaître sa responsabilité dans l’impasse actuelle », analyse-t-il, sur sa page Facebook.

Selon lui, « la culpabilisation des oppositions à sa démarche ne peut pas le dédouaner de sa véritable responsabilité dans la crise. « Celle de n’avoir ni organisé sa propre succession dans la continuité du système comme ses prédécesseurs, ni mis en place les conditions d’une compétition politique ouverte, transparente et crédible », explique-t-il.

Le Président Bouteflika, ajoute Abdelaziz Rahabi, convoque encore une fois, la peur et le chantage sécuritaire pour justifier le statu quo et le refus de toute autre alternative en dehors de la présidence à vie dans laquelle il a plongé l’Algérie à contre-courant de l’histoire des nations modernes .

« En se mettant, à chaque fois, au centre de tout, il a manqué l’essentiel, qui est de préserver sa propre dignité et celle du peuple qu’il est supposé incarner et préserver l’image d’un pays qu’il est dans l’obligation de défendre », souligne-t-il, en précisant que le président Bouteflika vient d’impliquer «les walis, censés représenter l’Etat et non pas le pouvoir politique dominant du moment ».

Massinissa Ikhlef 

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