Sur France 24 : Issad Rebrab dénonce « la main invisible » qui dirige le pays

Le président directeur général du groupe Cevital, Issad Rebrab s’en prend violemment à « la main invisible » qui bloques et ses projets et le pays. Intervenant, ce vendredi 23 novembre, sur le plateau de la chaîne française France 24, le premier investisseur privé d’Algérie n’est pas allé par le dos de la cuillère en évoquant la situation économique et politique du pays.

«Je ne pense pas que le président Bouteflika soit au courant des blocages que nous subissons aujourd’hui en Algérie. Parce que n’importe quel président son souhait c’est la création de richesses », déclare-t-il, dans sa réponse à une question portant sur la prochaine présidentielle et le 5ème mandat du chef de l’Etat.

Interrogé sur la personne qui dirige le pays, le patron de Cevital désigne la même « main invisible qui bloque ses propres projets ». « Je me pose aussi la question. C’est une main invisible, celle qui bloque nos projets. Certains disent, mais je ne sais pas, que ce sont certains milliardaires », dit-il, en niant toute volonté de se porter candidat à la présidentielle.

« Je n’ai pas d’ambition politique. Mon seul but et ma seule ambition, c’est de créer de la richesse et des emplois pour nos jeunes », lance-t-il.

« 95% des Algériens veulent un changement »

Poursuivant, Issad Rebrab affirme que «le renouveau est souhaitable ». « Aujourd’hui, il faut une autre vision du développement économique du pays. Il est clair que nous avons besoin de nouvelles orientations. Nous ne pouvons pas rester dans la situation actuelle », indique-t-il.

Et de souligner : « Plus de 90 à 95% des Algériens veulent un changement. Il y a que 5 à 10% qui veulent la continuité dans une telle situation. Ce sont ceux qui profitent de l’Algérie ». Mais il souligne que, le plus important, pour lui, est le développement économique du pays, la création d’emplois et de richesse ainsi que la stabilité du pays.

«Parce que s’il y a un dérapage en Algérie, c’est toute la région qui sera déstabilisée. Même l’Europe risque d’être déstabilisée », précise-t-il. Dans la foulée, il estime que le blocage de ses projets ne profite certainement pas à l’Algérie.

« On se pose la question. C’est une main invisible qui étonne tout le monde. Qui étonne même certaines autorités », explique-t-il. Selon lui, « ce blocage ne profite, certainement pas, à l’Algérie ».

«Le pays a besoin de créer des emplois surtout qu’aujourd’hui nos jeunes sont nombreux à fuir le désespoir et le chômage. Ils partent en Europe. Malheureusement, certains n’arrivent pas à atteindre les côtes européennes. C’est triste », soutient-il, en qualifiant l’avenir économique de l’Algérie « d’intenable ».

Massinissa Ikhlef

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