11ème Salon du livre du Djurdjura : Hommage à Mekacher et Ihaddaden

Prévu jusqu’au 15 du mois en cours, le 11ème Salon du livre du Djurdjura a été inauguré, hier lundi, au siège de la Bibliothèque principale de lecture publique de Tizi-Ouzou.

L’inauguration de l’événement à la veille d’une date mémorable, celle du 11 décembre 1960, a été l’occasion pour Mme Nabila Goumeziane, directrice de la Culture de la wilaya de Tizi Ouzou, de préciser qu’il s’agit d’un choix délibéré afin de marquer cette journée historique. Elle a aussi tenu à rappeler que le thème de cette édition, en l’occurrence « L’écriture pour l’histoire et la mémoire », est l’occasion idoine pour rendre hommage à Salah Mekacher et Zahir Ihaddaden, deux figures de proue de la Révolution algérienne.

La même responsable fera savoir que cette édition sera marquée par le lancement du prix d’écriture « Ungal », en langue amazighe afin d’encourager les écrivains qui ont choisi de hisser encore plus haut cette langue qui fait partie des constantes de l’identité nationale algérienne.

Un autre concours destiné aux élèves et consacré au patrimoine historique sera également instauré cette année afin de « les sensibiliser sur l’importance de connaître l’Histoire de leur pays et de découvrir les valeureux hommes et femmes qui ont écrit l’histoire nationale de leur sang », a fait encore fait savoir Mme Goumeziane.

Outre la Bibliothèque principale de lecture publique, le salon s’élargira également à d’autres lieux comme la maison de la Culture « Mouloud Mammeri » et son annexe d’Azzazga, le Centre culturel « Matoub Lounes » d’Ain El Hammam ainsi que les bibliothèques et salles de lecture de la ville des Genêts afin de toucher la population des régions enclavées.

Ventes-dédicaces, tables rondes, journée d’étude sur le livre jeunesse, ateliers d’écriture, émailleront la programmation de cet événement qui verra la participation de 25 maisons d’éditions et de plusieurs noms de la littérature algérienne dont Lynda Chouiten, Amina Mekahli, Lynda Koudache ou Djamel Mati…etc

Tel qu’indiqué plus haut, cette 11ème édition du Salon du livre du Djurdjura rendra hommage à deux personnages emblématiques.

Le premier, Salah Mekacher, a vu le jour le 15 décembre 1932 à Tizi-Ouzou au sein d’une famille de condition modeste.

Alors qu’il est en classe de terminale, il prend part le 19 mai 1956 à la grève des étudiants à l’appel du FLN. Il est ensuite enrôlé dans un groupe de fidaïyine sous les ordres d’Amar El Boukhalfi dit Amar Charlot. Le 2 octobre 1957, faisant l’objet de recherches de la part des autorités coloniales, il rejoint l’ALN avec ses compagnons où il est incorporé par le sous-lieutenant Si Salah Aït-Gharbi avant d’être affecté au PC de la Wilaya III par le Colonel Amirouche. C’est aux côtés du Colonel Mohand Oulhadj qu’il termine la guerre, en qualité de secrétaire du PC de la Wilaya III.

Au lendemain de l’indépendance, il occupe le poste d’administrateur des hôpitaux civils, effectuant son premier poste d’affectation au Centre hospitalier de Tizi-Ouzou. Il prend sa retraite en 1988, en qualité de directeur de la santé de la wilaya de Tizi-Ouzou.

Adhérent au FLN, il est élu à la vice-présidence de l’APC de Tizi-Ouzou puis à la députation.

Salah Mekacher est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la guerre de libération nationale (Fureurs dans les Djebels, La guerre de libération nationale : aux PC de la Wilaya III de 1957 à 1962…)

Décédé le 20 janvier dernier, à l’âge de 89 ans, Zahir Ihaddaden a vu le jour le 17 juillet 1929 à Bejaïa. Dans les années 1950, il adhère au Parti du peuple Algérien. En 1952, il entre à la Facultés des lettres d’Alger d’où il ressort avec une licence de lettres arabes. Occupant un poste d’enseignant à Miliana, il est arrêté en 1956 en raison de ses activités politiques au sein du FLN.

Zahir Ihaddaden fera partie de l’équipe rédactionnelle de l’édition francophone du quotidien El Moudjahid de juin 1956 à mars 1962.

Au lendemain de l’indépendance, il occupera plusieurs postes au niveau de certains ministères. Il fera également partie du noyau qui a participé à la création de l’ENS de Kouba en 1963, de même qu’il sera l’un des premiers enseignants de l’Institut de journalisme.

Zahir Ihaddanen lègue à la postérité plusieurs ouvrages de référence comme « Histoire de la presse indigène en Algérie, des origines jusqu’en 1930 », « La presse écrite en Algérie de 1965 à 1982 », « L’histoire des colonisés du Maghreb » ou « Itinéraire d’un militant », un ouvrage autobiographique dans lequel il revient sur son parcours révolutionnaire.

Kahina A.

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