Bachir Derrais au café littéraire de Chemini : « le pouvoir veut encore une fois tuer Larbi Ben M’hidi. »

 C’est dans une salle archi-comble que le talentueux réalisateur Bachir Derrais a animé un café littéraire autour de son film sur la vie et le parcours du héros de la révolution Larbi Ben M’hidi. C’est sur invitation du collectif du café littéraire de Chemini (CLC) et par l’entremise de M. Réda Boudraâ, élu du RCD à l’APW de Bejaia, que Bachir Derrais a accepté l’invitation du CLC.

Le réalisateur est revenu longuement sur les péripéties que connait ce film tant attendu. Il a commencé de prime abord par expliquer à l’assistance cette envie irrépressible de montrer au cinéma la vie de l’homme au fabuleux sourire. Il a ensuite embrayé sur le fait que le ministère de la culture et celui de moudjahidines n’arrêtent pas de mettre des embûches à la sortie du film.Et en premier lieu, via le refus du ministère de la culture d’autoriser le transfert en devise vers l’étranger pour payer les prestataires étrangers qui ont participé à sa réalisation ( une première en Algérie depuis 1962). Non contents de leur mesquinerie, les deux ministères exigent du réalisateur de supprimer 45 scènes sur les 87 que connait le film, manière de dire que ce n’est pas de la censure mais c’est tout comme.

« Le système veut-il un court métrage sur la vie de Ben M’hidi ? Apparemment, il y aurait beaucoup de scènes à couper selon M.Mihoubi (ministre de la culture NDLR). Parmi ces dernières, l’altercation entre Ahmed Ben Bella et Larbi Ben M’hidi qui s’était déroulée au Caire », dit le réalisateur avec ironie.

Des révélations du réalisateur, l’assistance en a eu à satiété.A titre d’exemple, le ministère de la culture « exige » du réalisateur la suppression des apparitions féminines dans le film et , cerise sur le gâteau, ce même ministère demande à Bachir Derrais de s’expliquer sur la présence trop « encombrante » d’Abane Ramdane dans le long métrage.

« Vous aurez compris que la culture officielle sclérosée veut des réalisateurs et des cinéastes organiques, complètement dévoués à l’idéologie brejnevienne du système », conclut Bachir Derrais.

Les présents, venus des quatre coins de Béjaïa et même des wilaya limitrophes n’ont pas lésiné sur les questions auxquelles Bachir Derrais avait un plaisir affiché d’y répondre. Une rencontre qui a duré près de quatre heures où la conclusion s’est faite d’elle même :« seule la lutte paie ».

Kassa Aidli

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