Festival international du film d’Alger (FICA) : Un film palestinien ouvre la 9e édition

Le coup d’envoi du 9e Festival international du film d’Alger (FICA), dédié au film engagé été donné hier, à la salle Ibn Zeydoun (OREF), par le ministre de la culture Azzedine Mihoubi, en présence de la commissaire du Festival Mme ZehiraYahi et de nombreux convives dont l’ambassadeur de Palestine, invité d’honneur.

Au cours de son intervention, le ministre de la culture a décrit la commissaire du FICA comme une « militante de la culture et du cinéma », indiquant qu’« elle se tient derrière le succès remarquable de cet événement ».
Les organisateurs qui ont fait le choix, cette année, de traiter du thème des migrants, sont plus que jamais dans l’actualité avec tout ce qu’elle peut comporter comme drames et douleurs. Azzedine Mihoubi le soulignera à juste titre en disant que « c’est un problème plus important que le terrorisme. Et le cinéma est le miroir de cette réalité, c’est un témoin de cette tragédie humaine. Je remercie les organisateurs du choix essentiel de cette thématique. »

C’est à un film palestinien qu’est revenu l’honneur d’ouvrir ce 9e festival. Selon l’ambassadeur de Palestine à Alger, Louaï Aissa, « Wajib » d’Anne marie Jacir « rappelle la cause palestinienne, notamment parce qu’il traite un modèle de vie Palestinien dans les territoires occupés en 1948 et transmet au spectateur algérien la nature de la controverse et du quotidien dans ces régions ».
D’une durée d’1h 36mn, ce long métrage, sorti en 2017, raconte l’histoire de Abu Shadi, 65 ans, divorcé, professeur à Nazareth en plein préparatifs du mariage de sa fille. « Dans un mois, il vivra seul. Shadi, son fils, architecte à Rome depuis des années, rentre quelques jours pour l’aider à distribuer les invitations au mariage, de main en main, comme le veut la coutume palestinienne du wajib. Tandis qu’ils enchaînent les visites chez les amis et les proches, les tensions entre le père et le fils remontent à la surface et mettent à l’épreuve leurs regards divergents sur la vie ».
En marge de la projection, l’ambassadeur palestinien a tenu à exprimer sa reconnaissance à l’Algérie qui a toujours soutenu la cause palestinienne « et qui tente à toutes occasions d’être une empreinte palestinienne. La vérité, c’est ce dont nous avons besoin, nous faisons face à des partis qui cherchent à cacher ou à déformer la cause palestinienne ou à lui donner de nouvelles dimensions et le Festival international du cinéma d’Alger a choisi le film d’ouverture pour être palestinien ».
La manifestation qui s’étalera jusqu’au 9 de ce mois verra l’entrée en lice d’une vingtaine de films entre longs et courts métrages documentaires et de fiction.
L’Algérie sera représentée, dans la catégorie longs métrages, par « La voix des anges » de Kamel Laïch et « Le droit chemin » de Okacha Touita, qui seront projetés en avant-première, tandis que « Enrico Mattéi et la révolution algérienne » de Ali Fateh Ayadi et « Choisir à 20 ans », une coproduction algéro-suisse de Villy Hermmann, seront en lice dans la catégorie documentaire.
« Wajib » de Anne marie Jacir sera en compétition avec « Mélancolie ouvrière » du Français Gérard Mordillat, « Rusty Boys » du Luxembourgeois Andy Bausch, « Une saison en France » du Tchadien Saleh Harounou ou encore « L’autre côté de l’espoir » du Finlandais Aki Kaurismäki pour décrocher le Grand Prix du festival.
Le volet documentaire verra la participation de « Les silences de Lydie » de la Burkinabé Aïssata Ouamara, « Libre » du Français Michel Tosca, « Central Airport FHT » de l’Allemand Karim Aïnouz ou encore « Les enfants du hasard » coréalisé par les cinéastes belges Thierry Michel et Pascal Colson.
« Jose Marti, l’œil du canari » du Cubain Fernando Perez, « Pieds nus dans l’aube » du Canadien Francis Leclerc, « L’enfant du diable » de la Française Ursula Wernly-Ferguiet « Le flic de Belleville » de Rachid Bouchareb seront programmés hors compétition.
Par ailleurs, cinq courts métrages serontprojetésdurant cette manifestation dont « Gauche-Droite » de l’Algérien Mouti Dridi et « Bidoun Hawiya » de la Sahraouie Nayat Ahmed Abdesalam, pour ne citer que ces deux titres.
A noter, enfin, qu’en marge des projections quotidiennes qui ont lieu à la salle ibn Zeydoun, à raison de 3 séances par jour, un master-class animé par le documentariste belge Thierry Michel et une rencontre avec le réalisateur français André Gazut sont également prévus.

Kahina A.

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