Initiative d’Amar Ghoul : consensus de l’opposition pour son rejet

« Personne ne s’est opposé à notre initiative. Ni le RCD, ni le FFS ni Ali Benflis n’ont dit non à notre démarche ». C’est ce qu’a affirmé le président du parti Tajmou3 Amel El Djazaïr (TAJ), Amar Ghoul, à l’ouverture, au début de la semaine dernière, des travaux du 1er congrès de sa formation.

Mais la réponse n’a pas tardé à venir. Il est vite démenti par l’ensemble des responsables politiques de l’opposition. Le président du RCD, Mohcine Belabbas était le premier à se démarquer de cette initiative.

Le leader du RCD affirme que «l’offre de TAJ est un remake de celle tenue en 1996 sous l’égide de Liamine Zeroual, et que les décideurs ont l’habitude de tenir ce genre de kermesse avec les acteurs qui composent le système », affirme-t-il, avant d’ajouter : « pareille conférence ne nous intéresse pas. C’est de l’improvisation».

Le Parti des travailleurs (PT) ne donne pas, lui aussi, l’impression d’être intéressé par cette étrange initiative. « Quel est l’objectif de cette conférence ? A quoi servira-t-elle ? », s’interroge la secrétaire générale de ce parti, Louisa Hanoune, à l’ouverture, vendredi dernier, des travaux du 7ème congrès de sa formation.

La patronne du PT affirme qu’elle attend toujours des « réponses à ces questions pour prendre décision concernant cette initiative ». Le parti Talaiou El Houriyet de Ali Benflis dit encore ses quatre vérités sur l’initiative d’Amar Ghoul.

« Notre parti est convaincu que la tenue des élections libres, correctes et transparentes dans les délais de l’échéance fixée par la constitution, est de nature à éviter au pays le danger de l’instabilité et permettra au peuple d’exprimer souverainement ses choix », explique ce parti, dans un communiqué rendu public.

Pour le parti de l’ancien chef du gouvernement, « initiatives participent de scénarios destinés à faire perdurer le régime ». « La crise politique a grandement affecté le fonctionnement normal de tout le régime politique. Le pouvoir en place n’a jamais été aussi autoritaire, et l’espace des droits et libertés plus restreints, et la gouvernance n’a jamais été pire qu’aujourd’hui. La corruption est également devenue plus répandue », soutient encore Talaiou El Houriyat.

Le front des forces socialistes (FFS) s’aligne lui aussi sur la position des plus importantes formations de l’opposition. « Devant la multiplication des initiatives politiques, le FFS reste attaché à ses principes. Nous continuerons à réclamer la reconstruction d’un consensus national et l’élection d’une Assemblée constituante », affirme le 1er secrétaire général du parti, Mohamed Hadj Djilani.

Intervenant à l’occasion d’une rencontre commémorative de l’anniversaire du décès de Hocine Aït Ahmed, organisée ce samedi à Alger, il estime que la direction du parti est engagée à donner de la suite au combat de Hocine Aït Ahmed, « en œuvrant à jeter des passerelles avec le peuple qui est la source du pouvoir, à édifier un Maghreb des peuples et à proposer une alternative démocratique à l’impasse actuelle ».

Massinissa Ikhlef

 

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