La dévaluation du dinar fait des victimes

Théoriquement, la dévaluation de la monnaie répond à un besoin de rendre compétitives les exportations et renchérir les importations. En Algérie, pays dont les exportations, en dehors du pétrole, sont très marginales, quels sont les objectifs visés par la dévaluation de la monnaie ?

Le premier objectif qui saute aux yeux, consiste à compenser la baisse du prix du baril et pour ainsi tenter de maintenir le niveau de la fiscalité tirée des exportations. Mais alors qui va supporter le renchérissement des importations ? Les ménages, les entreprises ou l’Etat ?

Dans son entretien avec le journal El Watan, le patron de NCA-Rouiba a parlé des  «  répercussions multiples qui touchent les entreprises de production. En plus de la perturbation du cycle financier, les prix de vente subissent des augmentations qui limitent la vente des mêmes quantités, ce qui pourrait induire une sous activité, voire des mises en chômage technique ou des licenciements d’une partie du personnel en attendant les jours meilleurs ».

Dans le cas des entreprises de produits pharmaceutiques, les effets de cette dévaluation sont plus compliqués. Selon A. KERRAR, président de l’union nationale des opérateurs de pharmacie(UNOP),  «  l’érosion du taux de change menace l’industrie pharmaceutique » . Le drame dans le cas du médicament, explique ainsi A. KERRAR , « est que nos prix sont fixés directement par décision administrative, tandis que l’érosion du taux de change du dinar a pour effet mécanique de renchérir le coût de tous nos intrants importés ». Dès lors, ajoute-t-il, « nous ne pouvons pas, à la différence des autres secteurs d’activité, ajuster le prix de nos produits sur le marché, et au final, ce sont ainsi nos propres marges qui sont laminée. ».

Pour lui si cette situation perdure encore, alors que certains producteurs ont commencé à abandonner tout simplement la fabrication de leurs produits,  d’autres les suivraient parce que cette situation est intenable. Pour ce faire il plaide pour une réévaluation des prix ou plutôt un rattrapage des prix qui ne serait pas douloureux pour les producteurs, les patients, le budget de l’Etat ainsi que pour les caisses de sécurités sociales.

Le médicament est un produit trop sensible. Des patients seraient contraints de subir des hausses de prix inévitables des médicaments ainsi que des pénuries qui perturberaient leur cycle de soins.

A. HAMADI

 

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