L’activité culturelle soumise à des autorisations militaires : le Café littéraire de Béjaïa s’insurge

L’Algérie va-t-elle vers un contrôle militaire de la culture ? Le signal arrivant de Béjaïa va dans ce sens. Le Café Littéraire qui a déposé une demande d’autorisation d’organiser une série de conférences et de rencontres avec des écrivains au niveau de la bibliothèque municipale s’est vu signifié que ce genre d’activités sont « soumises à l’autorisation du commandement de la gendarmerie de Bejaïa. » . Rien que ça !

« La nouvelle est totalement incroyable, hallucinante et plus que révoltante », s’insurge le café littéraire dans une déclaration rendue publique hier.

« Non seulement nous refusons de nous plier à cette mesure inique, humiliante, mais nous entendons la dénoncer fortement et la combattrons jusqu’à sa suppression définitive. Car, de quel droit une institution militaire doit-elle chercher à autoriser ou non une conférence publique ? Un écrivain, un scientifique ou tout autre conférencier, ne devrait-il donc s’exprimer qu’avec l’assentiment direct des militaires ? Que sont-ils ces gendarmes pour se comporter comme s’ils ont un droit divin sur le reste des citoyens ? », interpellent les rédacteurs de la déclaration.

Pour les animateurs du café littéraire de Béjaïa, « Tenter de nous enlever ces espaces de libre expression et de débat d’idées par la force de la baïonnette exprime une volonté bien claire de renforcer une dictature de plus en plus envahissante, de plus en plus arrogante ».

«Le café littéraire de Bejaïa ne se soumettra à aucune mesure coercitive, ni aucune loi liberticide. Il entend protester dans les jours qui viennent pour dénoncer l’ostracisme qui l’oppresse à travers des actions publiques. A la force des baïonnettes, il entend opposer la force du droit », conclut les rédacteurs de la déclaration.

Moussa T

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