Ouverture du 15eDimajazz de Constantine : Sous le signe de la « Résistance »

Événement très attendu dans la ville des ponts suspendus, le Dimajazz renoue avec son public, après deux années d’interruption.

Le festival qui -austérité oblige- se voit, malheureusement, écourté (passant de 10 jours à 5), n’en sera pas moins le rendez-vous de toutes les résistances. « Résistance » étant le thème choisi pour cette 15e édition. « Résistance aux turbulences traversées par l’ensemble des festivals d’Algérie au moment où l’ancien modèle de festivals devenu obsolète, tarde à céder la place à un nouveau modèle basé sur le professionnalisme et la rentabilité économique et culturelle, au service du développement local ».

Inauguré hier soir au Théâtre régional « Mohamed Tahar Fergani », un public nombreux était là pour célébrer ces retrouvailles, placées aussi sous le signe de l’émotion à travers ce double hommage à deux faiseurs du Dimajazz, aujourd’hui disparus : Aziz Djemame et Adel Merrouche ainsi qu’à Djamel Allam « auquel nous sommes redevables pour le soutien moral et effectif qu’il nous a témoigné en 2005, lorsqu’il a été parrain du festival », expliquent les organisateurs sur leur page Facebook.

C’est « Karim Ziad and friends » qui a eu l’honneur d’animer la soirée d’ouverture. Avant de laisser fuser les premières notes, il déclarera à l’assistance : « Je suis très content de l’ouverture de ce festival Dimajazz, je voudrais dédier ce concert à Adel Merrouche, Allah Yerahmou, qui est mort pour la cause et à notre cher artiste Djamel Allam ».

Karim Ziad et son band donneront le « la » avec un morceau intitulé « Constantine », un morceau magnifique où Karim Ziad montre encore une fois l’étendue de son talent de compositeur et de musicien. Il enchaînera ensuite avec « Andalousie » où l’on retrouve des notes de musique arabo-andalouse sur des notes jazzy, très appréciées par l’auditoire.

Place ensuite à un autre morceau intitulé « Ouin ? » (Où ?), une pièce rythmée où l’on appréciera toute la virtuosité des musiciens, à leur tête le percussionniste, Karim Ziad. Avant d’entamer « Plateform », Karim Ziad explique que c’est un « insiraf » composé par David Aubaile. Une pièce tout en douceur et délicatesse. Un travail magnifique où le compositeur, multi-instrumentiste laisse parler une musique sans frontières.

La soirée se poursuivra ainsi avec une prestation de très haute facture où tous les sens ont été  mis en éveil, aux sons de rythmes fusionnels, s’abreuvant aux sources de musiques des roots.

Un régal pour le public qui ne manquera sans doute pas les rendez-vous suivant où d’autres artistes de talent sont attendus, à l’image de Anis Benhallak et Ithrene (ce soir), BB Blues et Samira Brahmia (le 20 décembre), Garage Band et Lahman’s Brothers (le 21 décembre) et, pour la clôture,Bahdja et Boney Fields.

Kahina A.

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

%d blogueurs aiment cette page :