Rachid Saou : « Le peuple a dit son mot. La balle est maintenant dans le camps des décideurs »

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Rachid Saou est professeur  à l’université de Béjaia. Il est aussi un animateur très actif au sein de la Coordination Nationale des Comités de Soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques. Ameslay l’a contacté le lendemain de la marche historique du 11 décembre qui a rassemblé près d’un million de citoyens, venus soutenir Cevital et tous les investisseurs. Et il a bien voulu partager avec nous ses appréciations, sa lecture de l’événement et du devenir de cet élan populaire.

 Quelle appréciation première faites-vous de la marche du 11 décembre ?

La marche a été un franc succès. Une marrée humaine a déferlé, ce mardi 11 décembre, une journée ouvrable, sur Béjaia. Cette marche a drainé des centaines de milliers de citoyens venus des quatre coins du pays. Elle avoisine le million de marcheurs selon les observateurs. Une affluence que d’aucun juge historique et elle l’est à tout point de vue. Que ce soit du point de vue du nombre, de la composante humaine, de l’organisation ou des revendications qu’elle porte. Les segments les plus représentatifs de la société civile et politique ont répondu présents : Le mouvement associatif, les parlementaires, les élus locaux, les opérateurs économiques, les travailleurs, les chômeurs, les étudiants, les représentants de partis politiques, les syndicalistes. Cherif Mellal, président de la JSK a lui aussi tenu à être de la procession. La jeunesse était là en force. Toute l’Algérie, en somme, était là. La marche a été pacifique, cordiale, animée et belle comme l’est Béjaia.

  Quels sont les principaux messages portés par le peuple lors de cette marche?

Les manifestants ont scandé des slogans en majorité en rapport avec les revendications de notre coordination. La principale revendication des manifestants a été le déblocage des projets d’investissement en général et ceux de Cevital en particulier, car il faut le dire Cévital est l’entreprise la plus ciblée. Parmi les slogans les plus répétés lors de la marche, je peux citer « Débloquer les projets, débloquer Béjaia, débloquer l’Algérie » , « Assa Azekka Cevital Yela-Yela » , « On veut les bateaux de Cevital, pas les bateaux de la harga » , « On veut les bateaux de Cevital, pas les bateaux de déchets », « Nous voulons des logements, pas des prisons », « Nous voulons des usines pas des casernes ». , « Y en a marre de ce pouvoir, Y’en marre de ce système » …

 N’ont-ils pas par moments débordé le cadre fixé par la coordination , à savoir, le dégel des projets et la création de l’emploi ?

A ma connaissance, non.. Il est vrai que Haddad, Ouyahia et Bouteflika ont eu pour leur frais lors de cette marche. Les manifestants les ont désignés comme les responsables directs et visibles des blocages que subit Cevital. J’ajouterai que les marcheurs ont exprimé à leur façon leur sympathie et leur reconnaissance à Issad Rebrab, car tous voient en lui l’industriel le plus indiqué pour créer des emplois et réduire l’ampleur du chômage.

  Avez vous le sentiment que l’objectif est atteint et que le message populaire d’aujourd’hui peut bel et bien arriver à bon port ?

Notre objectif c’est le déblocage de tous les projets bloqués de Cevital, particulièrement le projet de l’usine de trituration de graines oléagineuses de Béjaia. Tant que nous n’avons pas atteint ce but, nous ne pouvons pas dire que notre objectif est atteint. La marche historique du 11 décembre est une démonstration de force que le pouvoir ne peut feindre d’ignorer. Le peuple a dit son mot. Il s’est prononcé clairement et sans ambiguïté en faveur de l’emploi et le déblocage des projets d’investissement. La balle est dans le camp des décideurs. La jeunesse a été présente en masse ; Il suffit de regarder les photos et les vidéos de la marche pour s’en apercevoir. Beaucoup d’entre eux ont marché pour la première fois de leur vie. La situation n’est pas reluisante. Ils sont inquiets pour leur avenir. Toutes les portes leurs sont fermées, on leurs propose ici et là des emplois précaires, ils veulent des vrais emplois. Ils ont droit eux aussi à des projets de vie dans leur pays. Ils ont droit à leur part de bonheur. Cette marche leur a rendu l’espoir. Le pouvoir n’a pas le droit de rester sourd à leurs cris.

  Dans le cas d’un non retour de réponse, que comptez-vous faire comme actions grandioses pour ramener le pouvoir à dégeler les projets Cevital et autres ?

Ce vendredi, se tiendra la réunion de la coordination des comités de soutien au travailleurs de Cevital. Nous ferons le bilan de la marche, évaluerons notre action et étudierons les perspectives à donner à ce mouvement qui est appelé à prendre plus d’ampleur si le pouvoir continue à rester sourd. Lors de la marche historique de ce mardi, nous avons reçu beaucoup de propositions.. Marche à Tizi, Marche sur Alger, Grève générale… En tout état de cause, nous allons associer la société civile et politique, comme nous l’avions fait le 24 novembre dernière pour toute prise de décision.

Propos recueillis par Moussa T

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