Académie Amazighe : le départ précipité de Abderrazak Dourari et des questions sur certaines exclusions

A peine annoncé comme membre de l’académie de langue amazighe, Abderrezak Dourari remet sa démission. Comme raisons avancées de son retrait, on peut citer l’incompatibilité scientifique de certains membres avec la fonction d’académicien et la désignation du président au lieu de son élection par ses pairs.

Les motifs avancés par Abderrezak  Dourari ne tiennent pas le fil. Il aurait dû demander la liste des pairs qui siègeront à ses cotés avant de donner son aval. Et Dourari savait à l’avance que le président de l’académie sera désigné par le président de la république et non élu par ses pairs. la loi organique de l’académie , votée le 25 juin 2018, est claire là-dessus. La seule donne qui échappait à l’anthropologue est la personne sur qui portera le choix final du président. « Porté par l’espoir d’être choisi, tout adoubé par les rumeurs favorables sur les réseaux sociaux, Abderrezak Dourari est finalement tombé de son piédestal, assommé par la nouvelle », commente un internaute sur sa page Facebook.

Le départ précipité de Abderrezak Dourari de cette institution, malgré la valeur intellectuelle de l’homme, ne risque pas de faire bulle de regrets dans le milieu militant.  Abderrezak Dourari est  à la tête du Centre National Pédagogique et Linguistique pour l’Enseignement de Tamazight, créé en 2003 et, en 15 ans d’existence,  personne ne lui connait un apport significatif pour tamazight. Et c’est pour ça que la rumeur qui courait sur sa possible nomination à la tête de l’académie de langue Amazighe faisait  grincer des dents.

Ceci dit, Abderrezak Dourari a quelques part raison de soulever le problème de l’incompatibilité intellectuelle  de certains membres désignés. A part le professeur Djellaoui, Moussa Imarazene, Abdelaziz Berkai et Zahir Meksem, tout le reste du peloton est inconnu au bataillon des efforts académiques pour la promotion de la langue amazighe.

Personne ne peut expliquer ce tri sélectif du pouvoir ni sa décision d’exclure des grands noms de la recherche scientifique berbère tels que Salem Chaker, Said Chemakh, Sakina Ait Ahmed, Tassadit Yacine, Youcef Nacib, Ramdane Achab, Mohand Akli Salhi, Hend Sadi, Mouloud Lounaouci, Kamel Bouamara, Allaoua Rabhi, Mohamed Zakaria Benramdane, Mustapha Benkhemou, Kamal Nait Zerrad …etc.

 Ce ne sont pas des spécialistes de rang académique qui manquent dans le ciel amazigh. Mais bien , la volonté politique d’aller dans le sens de la promotion de tamazight.

Moussa T

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

%d blogueurs aiment cette page :