Malika Matoub à propos du musée « Matoub Lounes » : « Les effets personnels de Lounes, un legs à la communauté »

 

C’est l’un des chevaux de bataille de la Fondation Matoub-Lounes : un musée dédié à la mémoire de l’artiste et poète disparu et il est en passe de voir le jour.

Dans une conférence de presse animée à Tizi-Ouzou, à l’occasion de la commémoration du 63ème anniversaire de la naissance de son frère, la présidente de la fondation éponyme, Malika Matoub, a fait savoir que « ses effet personnels dont ses instruments de musique, sa voiture où il a été assassiné le 25 juin 1998 par un groupe terroriste, ses vêtements et autres effets personnels, y seront conservés car ils appartiennent à la mémoire collective ». Elle indiquera, par ailleurs, que « le legs ne peut en aucun cas faire l’objet d’un quelconque partage dans le cadre de l’héritage au risque de le voir au fil des générations se disperser entre héritiers et se perdre ». Selon elle, c’était le vœu de son défunt frère qui disait dans l’une de ses chansons : « mon bien appartiendra à la communauté ».

Concernant le musée dont l’autorisation de sa création « a été accordée par la Présidence de la République » et dont la gestion sera assurée par la fondation, Malika Matoub expliquera qu’il sera installé dans une bâtisse de quatre niveaux et d’une superficie totale de 350m2. Dans un souci de meilleure gestion et conservation des biens de Lounes, celle-ci se trouve à proximité de la demeure du défunt dont elle est séparée par une piste.

Actuellement, la fondation multiplie les démarches auprès des autorités afin d’obtenir la cession du terrain, propriété du secteur de l’éducation nationale. Cependant, le projet avance sûrement puisque, selon Nourredine Medrouk, membre de la fondation : « l’étude de réalisation de ce projet confié à un bureau d’études choisi par la fondation et à des experts du ministère de la Culture qui apportent leur concours pour que la structure soit réalisée selon les normes qui régissent les musées, est presque achevée, et il ne reste que quelques réserves à lever pour passer au volet génie civile », ajoutant encore que « l’étude du sol sera entamée la semaine prochaine ».

Née en octobre 1998, soit quelques mois après l’assassinat de Matoub Lounes, survenu le 25 juin de la même année, la fondation portant son nom, vise à « perpétuer sa mémoire, faire la lumière sur son assassinat et promouvoir les idées défendues par Matoub Lounes ».

En deux décennies d’existence, la fondation a mené à bien plusieurs projets dont l’institution du Prix Matoub-Lounes, l’organisation de diverses manifestations en sa mémoire, la participation ou l’organisation de colloques ou de manifestations autour de son parcours et de son œuvre artistique ou encore la création d’une école de musique. Concernant cette dernière, Malika Matoub fera savoir que « des prospections de terrain pouvant recevoir cette école sont en cours et nous sommes en discussion avec la commune d’Ath Aissi, pour voir la possibilité de l’implanter dans cette localité ». Autre projet dévoilé au cours de cette conférence « la création, à partir de l’année prochaine, d’une bourse Matoub Lounes au profit des universitaires pour encourager les recherches académiques sur l’œuvre du rebelle ».

Enfin, la présidente de la fondation Matoub-Lounes ne manquera pas de fustiger tous ceux qui continuent d’exploiter le nom de Matoub Lounes, elle s’en prendra notamment à certains éditeurs qui ont « triché sur les droits d’auteurs ». Une action en justice est en cours. Concernant le film de Bachir Derrais, Malika Matoub qui exprimera toute sa colère à ce sujet dira : « Ce n’est pas normal qu’il dépose le scénario d’un film autobiographique sur Matoub sans que la famille l’ait lu ».

 A noter que l’université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou abritera aujourd’hui et demain (24 et 25 janvier) un colloque national intitulé « L’œuvre de Matoub Lounes revisitée ».

Kahina A.

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