AGRESSION SUR CHERIF MELLAL : provocation sur la Kabylie ou incident ?

Le président de la JSK Chérif Mellal a été victime d’une agression à l’arme blanche perpétrée dans son bureau le 26 février par deux individus identifiés. L’affaire est suffisamment grave pour avoir émue toute la Kabylie.

Dans un premier temps, les observateurs ont privilégié la piste d’un acte de droit commun renvoyant à une histoire de recrutement d’un joueur qui, finalement, ne serait pas licencié et fut donc, logiquement, renvoyé. Ledit joueur aurait alors mobilisé des membres de sa famille pour donner plusieurs coups de couteau au responsable du club kabyle dans son bureau blessant au passage d’autres membres du staff.

Sauf que depuis d’autres informations, dont certaines ont été confirmées et assumées par Cherif Mellal lui même lors d’une conférence de presse, viennent donner une toute autre version des faits.
les deux principaux agresseurs sont des employés du sulfureux Tahkout qui a fait fortune à l’ombre du premier ministre Ahmed Ouyahia, et plus grave, ils se seraient entretenus avec la président du COA Berraf quelques jours avant leur passage à l’acte. Mieux ou pire, le bouillonnant Cherif Mellal n’hésite pas à évoquer dans ce contexte le comportement distant et fuyant du wali envers le club depuis que son directoire a refusé de soutenir la candidature de Bouteflika.
Le sport en général et le foot en particulier a toujours été un enjeu capital pour les différents pouvoirs algériens qui y ont toujours vu un puissant levier d’encadrement sinon d’embrigadement de la jeunesse à laquelle ils n’ont ps pu ouvrir de perspectives.

Il est néanmoins trop tôt pour tirer toutes les conclusions de cette agression inédite.
Cependant, plusieurs observateurs avisés de la scène kabyle avaient annoncé depuis quelques semaines des possibilités de provocations en Kabylie pour, d’une part, justifier la répression sur la région et, surtout, agiter « le danger kabyle » afin de désamorcer les mobilisations qui se propagent dans l’ensemble du pays.
Pour Salem, universitaire, qui nous a donné rendez vous devant l’entrée du campus Hasnaoua, les choses sont claires : c’est la galerie du club kabyle qui a été ciblée « pour provoquer des réactions épidermiques et violentes dans la rue avec, si possible, des attitudes d’hostilité envers la communauté arabophone que ne maqueront pas de semer les provocateurs infiltrés parmi les éventuels protestataires ».
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A côté de lui, son beau frère Da Belaid, ancien employé de l’administration du club kabyle, surenchérit. « j’en ai des histoires à raconter où on a voulu utiliser la JSK dans des situations de tensions locales ou nationales. A l’époque et malgré le parti unique, on a pu dégoupiller les provocations les plus dangereuses ».
A l’heure où nous mettons en ligne des posts circulent sur la toile appelant à la vigilance. Des mots d’ordre « Talwit, Tirugza » ( calme et détermination !) faisant écho à ceux qui sont clamés dans les dernières manifestations « silmiya, silmiya » commencent à fleurir sur le net.

Arezki Larabi

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