KHERRATA : la jeunesse plus vigilante que les politiques

Ulac Lvut, Ulac smah, Echaab yurid isqat nidham, Dégage, pouvoir assassin, Y’en a marre de ce pouvoir, pas de 5éme mandat ; les slogans scandés par la foule, majoritairement jeune, ce samedi matin à Kherrata, sont sans appel. La farce électorale prévue le 18 avril ne passe pas. Avec ou sans Bouteflika le scrutin est rejeté. Le régime doit partir. Pendant que des prétendants carriéristes espèrent profiter de la précarité de la santé de Bouteflika pour se placer dans la rente, les jeunes réclament le changement de système.

Ce n’est pas seulement le 5éme mandat qui est rejeté c’est tout le climat politique qui est remis en cause et c’est une belle leçon donnée par la jeunesse qui refuse de se laisser enfermer dans les compétitions claniques.

Abdelkader, commerçant et petit fils d’une ancienne victime des répressions de mai 1945 est devant son épicerie. Son voisin nous dit qu’il sait que son fils est dans la rue. Il observe la foule du trottoir. On l’approche.

Avez vous peur pour votre fils ?
Oui comme tous les parents mais, vous savez, il ne m’a pas demandé mon avis. Nous n’avons rien à leur dire pour les satisfaire. Il y a tant de hogra. J’espère que maintenant d’autres jeunes vont se soulever dans d’autres wilayates. Sinon ce sera encore terrible pour la Kabylie.Attention, attention, attention…martèle-t-il.

Krimo n’a pas fini ses études en histoire. Il est commerçant et voit que sa famille lui échappe. Dans son «  Nous n’avons rien à dire à nos enfants pour les satisfaire », perce en réalité une attitude semblable à celle de son fils. C’est tout le système qui est à revoir.

La classe politique peut-elle les entendre ?

Arezki Larabi

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