Les députés RCD à Bouira : « l’Algérie est en danger ; elle n’est pas gérée par Bouteflika mais par une bande »

 

A l’occasion de la célébration du 30éme anniversaire de la naissance du RCD, les députés RCD Atmane Mazouz et Mohand Arezki Hamdous ont animé une conférence, aujourd’hui, à la maison de jeunes Mechache Saïd de Bechloul, dans la wilaya de Bouira. Chimbo Abdelkader, membre du BR et Amrane Zahira, élue APW, ont également pris la parole à cette occasion.

Kaci Yahiaoui, président du Bureau Régional a rendu hommage, en présence de leurs familles, aux militants Djouadi Yahia et Kammache Bellaha disparus respectivement le 20 décembre 2014 et le 25 juillet 2017. « Ils sont tous les deux morts de crises cardiaques parce qu’ils avaient un cœur, nos dirigeants meurent tous de vieillesse par ce qu’ils n’en ont pas  » dira le président du BR. « Les députés RCD vont à la rencontre de la population, sont à l’écoute des citoyens et ils sont partout sur le terrain » a ajouté Kaci Yahiaoui.

Mohand Arezki Hamdous a, quant à lui après un hommage rendu aux militants disparus, fait une rétrospective du parcours du RCD depuis sa naissance à ce jour, en mettant en exergue « les axes programmatiques essentiels lorsqu’il s’est agi de briser des tabous et/ou d’avancer des dossiers que personne ne voulait prendre en charge tels que l’économie de marché, la dette extérieure, le statut de la femme, la laïcité … » parce que non rentables électoralement. « Le RCD est toujours là parce qu’il tient un discours de vérité. » dira le député progressiste.

Par rapport à la participation ou non du RCD aux différents rendez-vous électoraux qui sont tous différents les uns des autres en termes de circonstances, d’environnement, de nature et de situation, Mohand Arezki Hamdous citera notamment ceux de 1992, 1995, 1999, 2008. « En 1992, face à ceux qui avaient décrété « démocratia kofr » et décidés à mettre fin au processus démocratique et qui nous faisaient injonction de nous préparer à changer nos tenues vestimentaires et nos habitudes alimentaires, nous n’avons « pas voulu aller à l’enterrement de notre pays. » En 1995, Saïd Sadi avait participé aux présidentielles pour, encore une fois, sauver l’Algérie du contrat de Rome, rapatrier la décision nationale, changer la donne des élections de 1992 … En 1999, les candidats s’étaient tous retirés à la veille du scrutin donnant ainsi raison au RCD qui avait boycotté la dernière fraude du siècle. En 2008, la constitution a été violée et les 19 députés RCD étaient les seuls à avoir voté contre les amendements constitutionnels qui ont sauté le verrou de la limitation des mandats. Aujourd’hui, par la faute d’un régime aux abois « qui menace le peuple s’il descendait dans la rue, l’Algérie est en danger parce que les clans n’arrivent plus à s’entendre, l’Etat est absent, les institutions déliquescentes » terminera Mohand Arezki Hamdous.

Dans son intervention, le député Atmane Mazouz rendra d’abord hommage aux deux défunts militants avant de dénoncer ces partis qui ne viennent, contrairement à ceux du RCD, à la rencontre des citoyens que lors de rendez-vous électoraux. »

« Durant la décennie rouge, le RCD avait regroupé les forces patriotique, créé le Mouvement Pour la République (MPR) et appelé à la résistance sans laquelle nous ne serions pas aujourd’hui ici en train de vous parler » a ajouté le député progressiste.

Revenant sur la situation politique qui prévaut depuis un certain nombre d’années, Atmane Mazouz dira que « le pays est en panne, on est face à des tensions, des incertitudes, c’est l’instabilité des institutions qui, non seulement, ne fonctionnent plus mais sont dénuées de toute légitimité avec une représentation artificielle de la volonté populaire par la fraude. Le citoyen rejette le discours officiel, Le pays est géré par une bande, c’est une bombe à retardement avec le chômage » dira-t-il encore. Abordant les derniers « remaniements » dans certaines institutions, il a joutera que « il y a une violation récurrente des lois dont la constitution elle-même : le Président de l’APN a été débarqué illégalement et de quelle manière ??? »

S’agissant de la place de l’Algérie à l’extérieur, le député progressiste commencera par dire dira « le problème n’est pas un candidat du système, c’est tout le système » avant d’ajouter « l’Algérie est reléguée au rang inférieur, nous avons vu Ouyahia s’asseoir dernière le monarque marocain et son fils, un prince, lors de la célébration, en 2018 à Paris, du centenaire de l’armistice.»

Quant à l’actualité politique, notamment les recommandations du Conseil National RCD du 01 février, les députés progressistes ont parlé d’un « compromis opérationnel avec la société civile en organisant des rencontres et des échanges exploratoires au niveau local et régional en vue de dégager une feuille de route avec un contenu minimal dans l’objectif de préparer l’après désignation du chef de l’Etat et sortir de la crise actuelle. »

Quant aux contacts déjà entamés depuis deux semaines, les députés feront savoir que « le président du RCD, Mohcine Belabbas, a déjà rencontré certaines personnalités au niveau national » et les structures locales et régionales du RCD ont été instruites dans le but d’aller vers les personnalités, les associations, les syndicats, les partis politiques et organiser des rencontres multilatérales. « Tout le monde est concerné, personne ne détient à lui seul la solution à tous les problèmes et ils sont nombreux et graves » affirment les députés progressistes.

Slimane Chabane

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