Mohcine Belabbas : « l’urgence n’est pas de choisir entre reconduire un chef de l’État grabataire ou désigner un autre parrain en bonne santé »

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Dans son allocution d’ouverture de la 3ème session du Conseil National du RCD, Mohsine Belabbas parle de l’impasse politique dans laquelle le régime a plongé le pays. Une impasse qui exige du RCD « efforts d’analyse, communication offensive, rassemblement solidaire et lucidité ».

Faisant le bilan de vingt ans d’ « absolutisme hors d’époque », Mohcine Belabbas estime que « Bouteflika a joué pendant deux décennies la partition de la distribution d’enveloppes aux délinquants politiques ou dans des virées folkloriques dans les wilayate du pays. L’appareil judiciaire est transformé en lessiveuse en tout genre pour blanchir les auteurs de détournement de deniers publics et de malfrats attitrés ».

Abordant le phénomène de la harga, Mohcine Belabbas l’explique en partie par la volonté manifeste du système actuel de désertifier le champs de la contestation politique, en poussant sa jeunesse contestatrice vers l’exil. « plusieurs pays autoritaristes facilitent le départ des jeunes cadres bien formés pour, à la fois, se débarrasser de candidats potentiels à la contestation démocratique mais aussi dans le but de nourrir des familles restées au bled par l’intermédiaire de ces exilés de luxe puisqu’il faut bien suppléer une économie nationale rongée par la corruption et le marché noir. Ce n’est pas un pouvoir bâti sur la rente avec une police politique qui veille au grain qui cracherait sur une telle aubaine », tonne-t-il avec amertume.

Quant à la présidentielle d’avril, Mohcine Belabbas pense que « l’urgence pour le pays n’est pas de choisir entre reconduire un chef de l’État grabataire ou désigner un autre parrain en bonne santé pour gérer les équilibres claniques ou en créer d’autres à sa convenance ou à la convenance des plus forts ». Plus explicite encore, Mohcine Belabbas estime que le RCD « ne peut s’inscrire dans une démarche qui peut porter atteinte à l’unité de notre peuple. La compétition féroce entre les segments d’un même système ne doit pas déboucher sur le chaos ». « L’Algérie a besoin d’un nouveau départ ! « , tranche Mohcine Belabbas qui estime que « l’heure n’est pas à l’engagement dans une opération électorale viciée mais au rassemblement le plus large pour jeter les bases d’une refondation institutionnelle qui garantit la stabilité sociale, la défense de l’intérêt général et la libre compétition politique ».

Sans nommer quiconque, Mohcine Belabbas n’a pas été non plus tendre avec les postulants à la magistrature suprême dans les conditions politiques actuelles. « Avec un dispositif électoral qui a organisé et validé tant de fraudes et une administration qui a commis de multiples violations de la constitution, ceux qui prétendent porter et faire valoir l’avènement d’une politique qui répond aux aspirations du peuple à la justice et au progrès ne sont, au fond, que ceux qui aspirent à déloger les occupants du pouvoir pour s’installer dans le même moule. Ceux qui prétendent accéder au pouvoir dans la situation présente par des moyens réguliers, en plus d’accepter d’être perçus comme des pales copies de ceux qu’ils veulent remplacer, prennent le risque d’apparaître comme des imposteurs car ils abusent et détournent tous les acquis démocratiques visant à offrir au pays des institutions à la mesure des ambitions du peuple algérien pour satisfaire leurs ambitions », dit le président du RCD.

Moussa T

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