COMMUNIQUÉ EN CLAIR – OBSCUR : Que compte faire réellement Gaïd Salah ?

L’Algérie se réveille ce dimanche matin avec des grands points d’interrogation : Quel compte faire, au juste l’état major de l’ANP et quelle sera la réaction du peuple par rapport au contenu du communiqué de l’institution militaire ?

Il faut le dire franchement : le communiqué du ministère de la défense nationale, rendu public hier soir, souffre de quelques ambiguïtés majeures. Ou disons qu’il ne dit pas tout pour rassurer le peuple et la classe politique.

D’abord, le chef d’état major parle de « certaines parties malintentionnées [ qui ] s’affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l’ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple ». Le communiqué du MDN ne souffle pas mot sur l’identité de ces comploteurs. Il n’explique pas , non plus, pourquoi l’institution militaire, garante de la sécurité et de l’intégrité territoriale du pays, n’est pas intervenue illico presto pour arrêter les chacals repérés. C’est grâce au président du RCD, Mohcine Belabbas, qui a le mérite de révéler, en premier et au bon timing, un bout de l’affaire pour tranquilliser une opinion nationale devenue subitement très inquiète et fébrile,  que les choses ont commencé à s’éclaircir. « les Bouteflika, les débris du DRS et tous les clans du pouvoir s’entre-déchirent » et « Le manque de courage de citer les personnes qui se sont réunies laissent supposer que la partie n’est pas gagnée pour lui », dit en substance le président du RCD.

L’autre question qui taraude les esprits et inquiète l’opinion publique est cette décision de l’état major d’activer les articles 07, 08 et 102. Si les articles 07 et 08 font consensus et unanimité, l’activation de l’article 102, par contre, inquiète. Il permet la mise à l’écart du président et le transfert de ses pouvoirs au président du Sénat qui aura la charge constitutionnelle d’appeler à une nouvelle présidentielle. Le gouvernement, qui restera en vertu de l’article 104, aura la mission d’organiser ces présidentielles. L’impossibilité d’amender la constitution , dans cette conjoncture, laisse supposer que c’est au ministère de l’intérieur qu’échoit le devoir de superviser cette consultation du moment qu’aucune disposition légale ne peut plaider en faveur de l’installation d’une commission indépendante d’organisation des élections, tel que demandé et exigé par l’opposition. Et c’est là toute la source d’appréhension : Avons-nous fait tout ce parcours pour que le système en place organise des élections présidentielles avec les mêmes règles et cadres qui ont permis des fraudes massives par le passé ? N’allons-nous pas vers un renouvellement du même système avec, jute ce mince espoir que les grandes dérives des vingt dernières années ne se reproduisent plus avec les mêmes arrogances ?

Les événements vont certainement s’accélérer dans les heures et jours à venir. Attendons pour voir. Et surtout, gardons un œil sur la réaction populaire, clé réelle de toute issue.

Arezki Lounis

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