DÉCONNECTÉ DES EXIGENCES POPULAIRES : Gaid Salah offre une solution moins importante que celle du chef de l’État

 Plus d’un mois après le déclenchement du mouvement populaire revendiquant la chute radicale du système, le vice-ministre de la défense plaide, depuis Ouargla,  l’octroi au système décrié un délai de plus de quatre mois et demi pour réorganiser ses affaires. L’article 102, suggéré par le général de corps Ahmed Gaid Salah, prévoit un intérim de 45 jours qui sera assuré par le président du Sénat, une fois le cas d’empêchement déclaré par les deux tiers des deux chambres du parlement réunis. Cet intérim est prolongé de 90 jours si le conseil constitutionnel déclare la vacance du poste de président après expiration des 45 jours.

Durant ces quatre mois, c’est alors le deuxième homme du système, Abdelkader Bensalah, qui organisera les présidentielles encadrées, relevons-le par la loi électorale en cours.

La suggestion trop tardive du chef d’état major est, de loin, une régression par rapport au contenu de la dernière lettre adressée au nom du chef de l’État. L’offre présidentielle, rejetée en bloc, par le peuple lors de la marche du 22 mars est de loin plus engageante en terme de changement que cette solution proposée par l’Armée.

Le peuple, par millions, demande depuis 5 vendredi le départ du président et de son gouvernement, ainsi que la dissolution des deux chambres et du conseil constitutionnel, pour permettre un début de transition pacifique qui sera parachevée par l’adoption d’une nouvelle constitution, une nouvelle loi électorale, la mise en place d’une commission indépendante d’organisation des élections et la réappropriation des sigles de la révolution comme patrimoine historique national.

L’application de l’article 102 permettra uniquement la mise à l’écart du chef de l’État. Sans plus. Le président intérimaire n’aura pas le pouvoir discrétionnaire d’amender la constitution, d’installer une commission d’organisation des élections du moment qu’elle n’est pas prévue dans la présente constitution. Pire que ça, Abdelakader Bensalah fait partie des têtes du régime que le peuple demande avec force et rage de disparaitre de la scène politique nationale.

Lorsque le chef d’état major déclare que l’activation de l’article 102 est la solution qui fera consensus entre toutes les parties, il donne le signal grave que le commandement de l’Armée est déconnecté des pulsations politiques de la nation.

Arezki Lounis

CI JOINT L’ARTICLE 102

 

 « Lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement. Le Parlement siégeant en chambres réunies déclare l’état d’empêchement du président de la République, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres et charge de l’intérim du Chef de l’État, pour une période maximale de quarante-cinq (45) jours, le président du Conseil de la Nation, qui exerce ses prérogatives dans le respect des dispositions de l’article 104 de la Constitution.

En cas de continuation de l’empêchement à l’expiration du délai de quarante-cinq (45) jours, il est procédé à une déclaration de vacance par démission de plein droit, selon la procédure visée aux alinéas ci-dessus et selon les dispositions des alinéas suivants du présent article. En cas de démission ou de décès du Président de la République, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la Présidence de la République. Il communique immédiatement l’acte de déclaration de vacance définitive au Parlement qui se réunit de plein droit. Le Président du Conseil de la Nation assume la charge de Chef de l’État pour une durée de quatre-vingt-dix (90) jours au maximum, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées. Le Chef de l’État, ainsi désigné, ne peut être candidat à la présidence de la République.

En cas de conjonction de la démission ou du décès du président de la République et de la vacance de la présidence du Conseil de la Nation, pour quelque cause que ce soit, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate à l’unanimité la vacance définitive de la présidence de la République et l’empêchement du Président du Conseil de la Nation. Dans ce cas, le Président du Conseil constitutionnel assume la charge de Chef de l’État dans les conditions fixées aux alinéas précédents du présent article et à l’article 104 de la Constitution. Il ne peut être candidat à la Présidence de la République ».

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