DEPUIS LUNDI 11 MARS : L’Algérie est sous le règne d’un Bokassa du deuxième millénaire

Le moment est inédit. D’un coté, tout un peuple dans la rue pour réclamer une refondation de l’État. De l’autre un pouvoir politique qui s’installe contre la volonté populaire et sans aucune référence à la constitution. Le président, élu frauduleusement quatre fois consécutives, décide d’annuler ses propres élections et s’éterniser au trône sans se référer à aucune loi, aucune logique politique et aucune raison D’État. Le chef de L’État, dans tous ses états lamentables, gère la tempête qui s’abat sur son clan au grès de ses folies dictatoriales.

Depuis lundi , l’Algérie est dans le vide constitutionnel. Le système politique qui régnait depuis 1962 est complétement tombé. La constitution, socle juridique de L’État, est mise de coté. Les élections, mécanisme constitutionnel de la légitimité du pouvoir, sont annulées et et renvoyées aux calendes grecques.

Sans possibilité d’être élu pour un nouveau mandat, sans avoir le sang royal qui coule dans les veines qui légitimerait son trône, Bouteflika s’offre alors le statut d’un Bokassa du deuxième millénaire. Pour imposer son empire, Bouteflika compte sur l’usure de la rue, le soutien de Gaïd Salah et l’épaule de Madame la France. Il oublie un détail de taille : le peuple a signé avec dix doigts son arrêt de mort politique, lui et tout son clan. Vendredi prochain pourrait être sa cérémonie funéraire.

Arezki Lounis

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