KABYLIE : Haddad vilipendé à Azeffoun

 

Après Benyounes, Sidi Said et Ould Ali, condamnés et reniés par leur collectivité pour leur compromission vénale avec le pouvoir la semaine dernière à Michelet, dont ils sont tous originaires, c’est au tour d’Ali Haddad, affidé des Bouteflika, de subir à Azeffoun, sa ville natale, les foudres des quelques dix mille manifestants qui ont battu le pavé dans la matinée de ce premier mars.

Partis de la place de la mairie, la foule dense s’est dirigée vers le siège de la Daira qui longe la plage. Les manifestants, emblème amazigh et drapeau algérien en main, ont scandé leur colère contre le régime symbolisé par le pouvoir de Bouteflika et son cinquième mandat. Le nom de Haddad a été tour à tour couplé à celui d’Ouyahia (Haddad-Ouyahia Houkouma irhabiya), les deux hommes étant dénoncés comme duo terroriste, puis avec celui de Said Bouteflika (souvent reçu à Azeffoun) pour être rejetés l’un et l’autre, la Said, la Haddad Lezzayer tura ad-tbed (ni Said ni Haddad, l’Algérie sera debout).

Ceux que la vox populi appelle des Kabyles de service sont désormais publiquement condamnés par leurs concitoyens qui leur reprochent d’avoir déshonoré par leur compromission leur communauté, rappelant en cela des sanctions de la tradition juridique de Kabylie.

La loi est, en effet, ancienne. Le Kabyle qui a de tout temps refusé la prison a préféré le bannissement ou même, dans les cas extrêmes, la vendetta quand le concerné s’est rendu coupable de meurtre.

Les familles qui toléraient en leur sein des êtres jugés indignes se voyaient ainsi obligées de se démarquer de lui pour éviter elle même l’isolement.

Assiste-t-on à une réhabilitation de la protection de la cité kabyle par le recours à la déchéance sociale ?

Arezki Larabi

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