LAKHDAR BRAHIMI A QUITTÉ ALGER : La colère d’un diplomate qui en veut à la presse

Lakhdar Brahimi, le diplomate Algérien à l’accent libanais, est reparti d’Alger sans réussir sa mission pour laquelle il est conviée, celle de sauver le système de Bouteflika des feux de la colère populaire. Ce n’est pas la faute d’avoir tenté.

L’erreur de Lakhdar Brahimi, pourtant rompu à ce genre de médiations, est d’avoir précipité son intrusion dans la crise. Il aurait dû différer sa médiation jusqu’à ce qu’il mesure, à sa véritable dimension, l’ampleur de la contestation. Mais Lakhdar Brahimi, aussi paniqué que son ami Bouteflika du sort du système, est venu plus en pompier qu’en médiateur. D’où son rejet immédiat par la rue flambant colère.

Le drame chez Lakhdar Brahimi est qu’il ne remet pas en cause l’impertinence de son approche. Son échec cuisant, il l’endosse à la presse, ou une partie de la presse, qu’il descend en flammes avant de quitter le pays.

Dans une lettre adressée, mardi passé,  à l’APS, Lakhdar Brahimi, visiblement en colère de voir les Algériens ne pas lui prêter main forte pour éteindre le feu qui ravage le système, s’en est pris à une partie de la presse, sans ménagement et sans diplomatie. «Lors des manifestations à travers le pays, des pancartes hostiles à ma personne et d’autres ont été brandies. En même temps, les voix des hommes, femmes, jeunes et petits ont été levées pour réclamer un dialogue», a-t-il indiqué. Et de charger la presse, «[ la presse ] a tenu à ne pas faire la moindre référence à ces voix».

Ce qui est pathétique chez cet homme jusqu’à hier, fierté des Algériens en matière de présence internationale, est qu’il ose comparer un tsunami populaire fait de millions d’Algériens réclamant le départ pur et simple du système et quelques dizaines de personnes racolées par ce même système désavoué, qui se sont rencontrées à l’hôtel Riadh de Sidi Fredj. Lakhdar Brahimi aussi autiste que le système qu’il défend ne veut pas admettre que la république des copains et coquins que son ami Bouteflika n’est plus de mise depuis le 22 février.

Quoiqu’il en soit, Lakhdar Brahimi a quitté Alger pour Paris, son lieu de résidence, avant de rejoindre Pékin. Et il est peu probable qu’il revienne aux fourneaux Algériens. Et c’est tant mieux pour lui et pour l’Algérie de demain.

Arezki Lounis

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