Les scénarios que peut adopter le pouvoir pour s’en sortir

Il reste moins de 48 heures pour le délai final de dépôt des dossiers de candidature auprès du Conseil Constitutionnel. Le pouvoir avait réglé les choses comme un papier à musique. Seulement, le soulèvement populaire en marche a totalement remis en cause « le convenu ». Dès lors, il se cherche des sorties de secours, après avoir écarté la carte brûlée de Bouteflika. Trois options sont actuellement mise sur sa table. Et il doit trancher vite et bien, pensent certains analystes.

La première option est d’échanger son cavalier par un autre moins contesté par le peuple. Et la liste n’est pas tellement étoffée. Trois noms circulent avec insistance : Ramtane Lamamra, Abdelmadjid Teboune et Said Bouhadja. Les dernières nouvelles écartent Ramtane Lamamra, donnée comme successeur d’Ouyahia dans les prochaines 48 heures.

L’autre option que discutent les centres de décision est l’activation de l’article 102. Cet article stipule que « Lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose,à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement ». Les deux chambres du parlement, réunies, déclareront l’état d’empêchement et le président du Sénat assurera l’intérim pour une période 45 jours. Le pouvoir peut prolonger cette période d’intérim de 90 jours, en déclarant l’état de vacance.

Cette dernière option est mise à table depuis les premiers signes de la contestation. Mais deux oppositions, une politique et l’autre juridique, rendent cette option improductive pour le pouvoir.  Sur le plan juridique, l’article 102 ne dit pas que l’intérim supprime les décisions de la mandature en cours. Autrement dit, le processus électoral lancé par le décret présidentiel ne peut juridiquement être annulé, sauf coup de force opéré dans l’illégalité légendaire du pouvoir. Respecter le processus décidé et aller aux urnes sans candidat, est une forme de suicide pour le pouvoir.

Pris de court, le pouvoir peine à se trouver un plan B  salvateur. Il lui reste, en fait, une seule issue de sortie et c’est la plus plausible : nommer Ramtane Lamamra, chef de gouvernement, activation de l’article 102, suivi de l’annulation du processus électoral et charger le nouveau chef de gouvernement de lancer un débat inclusif de sortie de crise. L’opposition et la rue algérienne acceptera-t-elle cette sauce mijotée ? Difficile de le croire.

Moussa T

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