Nomination du gouvernement : dernière manœuvre du clan Bouteflika

La mobilisation populaire et le rejet massif de toutes ses propositions ne semblent pas avoir gêné le clan du président Bouteflika. Au contraire, il continue de tester toutes les recettes pour tenter de faire taire la contestation populaire.

Sa dernière manœuvre vient d’être actée. Il s’agit de la nomination du gouvernement Bedoui, rejeté lui aussi par le peuple. Un passage en force. En effet, pour contourner l’exigence de la rue demandant le départ du système sous le slogan de « Yetnahaw ga3 (ils vont tous partir) », le clan présidentiel s’est précipité pour annoncer, après près de 20 jours de tractations, la liste du nouveau gouvernement.

Leur objectif est clair : sauver le système, tout en appliquant l’article 102 de la Constitution. Car la prochaine étape sera celle de l’annonce de la démission du chef de l’Etat, comme suggéré par le chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, qui garde d’ailleurs son poste de vice-ministre de la Défense dans le nouvel exécutif.

Ainsi, le nouveau gouvernement tentera de s’imposer comme le meneur de la prochaine période de transition contre l’avis de l’opposition et de la rue. Selon la loi, la seule autorité habilitée à mettre fin à la mission du gouvernement. Mais avec la prochaine démission du président Bouteflika, le gouvernement Bedoui s’imposera comme l’unique autorité légale.

Ce plan a été, rappelons-le, annoncé, mercredi dernier, par le RND de l’ancien premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui a demandé au président Bouteflika de démissionner en application de l’alinéa 4 de l’article 102 de la Constitution. Mais avant cela, ce parti lui a demandé de nommer le gouvernement « pour éviter un vide institutionnel ».

Lamamra Sacrifié   

Mais cette manœuvre ne passe pas visiblement. Un 7ème vendredi de la mobilisation se profile à l’horizon. Dès l’annonce du staff gouvernemental, un premier rassemblement de rejet a été tenu au niveau de l’esplanade de la grande poste.

Pour tenter de faire passer la pilule, les tenants du régime ont choisi de sacrifier Ramtane Lamamra, qui a été envoyé, en Europe pour défendre la feuille de route proposée au début du mois de Mars dernier.

Ce dernier a perdu, non seulement le poste du vice-premier ministre qui a été supprimé, mais aussi le portefeuille des Affaires étrangères au profit du représentant permanent de l’Algérie à l’ONU, Sabri Boukadoum.

Massinissa Ikhlef

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