Offre de Bouteflika : la sentence cinglante de la rue  

La sentence est prononcée. La messe est dite. Le peuple algérien a répondu, ce vendredi 15 mars, à l’offre de transition faite, quatre jours auparavant, par le clan au pouvoir. La réponse est sans appel : « système dégage ! ».

En effet, ils étaient des millions de manifestants à battre le pavé à travers le pays, à l’occasion de « cette marche du départ ». A Alger, à Tizi Ouzou, à Bejaia, à Bouira, à Annaba, à Oran et dans tout le pays, la mobilisation était à son paroxysme. Du jamais vu dans l’histoire du pays. Dans une ambiance de fête, des hommes, des femmes, des enfants et des vieux ont répondu à l’appel pour pousser, encore fois, le régime à partir.

La ruse a été, effectivement, déjouée. Les manifestants ont dit, comme un seul homme, « non à la feuille de route du président Bouteflika, défendue par son nouveau premier ministre, Nourredine Bedoui.

Tablant, sans doute, sur l’affaiblissement de la mobilisation, le clan au pouvoir a eu la détermination encore plus forte du peuple. Dans toutes les villes et dans tous les coins et recoins du pays, des millions de manifestants sont sortis pour dire « non à la mise à jour du système ».

« On veut son formatage », lancent-ils, en transcrivant de plusieurs nouveaux messages sur des pancartes et banderoles exprimant le rejet de tout ce qui vient de ce « système obsolète ». A Alger, effectivement, une foule impressionnante a manifesté durant toute la journée, dans le calme.

Des marrées humaines

La mobilisation semble être beaucoup plus importante que celle enregistrée lors de la journée du 08 mars dernier. Des hommes, des femmes et des enfants ont marché, dès la fin de l’après-midi dans les avenues, rues et ruelles sinueuses et parfois escarpées, autour du carrefour de la Grande-Poste. Point de convergence de tous les marcheurs, le carrefour de la Grande-Poste est noir de monde, comme les rues qui y mènent.

Même scénario à la Place Audin et la rue Didouche Mourad.  Pour l’ensemble des manifestants, l’offre du pouvoir prolonge de facto son mandat, au-delà de son expiration le 28  avril.

« On voulait des élections sans Bouteflika, on se retrouve avec Bouteflika sans élections », peut-on lire sur une pancarte à Alger, résumant le sentiment des contestataires.

« Quand on dit ‘’non au 5e mandat’’, il (Bouteflika) nous dit ‘’on garde le 4e  alors’’ », indique une autre. Arborant des drapeaux vert-blanc rouge d’Algérie et bleu-vert-jaune des Amazighs, les marcheurs n’avaient qu’un seul objectif : « faire dégager le système ». « Le peuple veut la chute du régime » et « système dégage ! », scandent-ils.

Les manifestants affirment avoir compris « le subterfuge» du clan au pouvoir et lui répondent sans détours. « Vous faites semblant de nous comprendre, on fait semblant de vous écouter », indiquent-t-ils, à travers des messages transcrits sur des pancartes.

  Massinissa Ikhlef 

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