POINT NOIR DU SIXIÈME VENDREDI : Des femmes interdites de réclamer l’abrogation du code la famille

Hier, au sixième vendredi de contestation et  dans le tumulte des millions de voix criant le refus des manœuvres du système, des voix de détresse fusaient au beau milieu de la masse. C’était celles de femmes auxquelles quelques esprits tarés  ont interdit de brandir des pancartes réclamant l’abrogation du code la famille qui fait de la femme un être mineur à vie.

Les braves femmes ont beau protesté, leur droit à l’expression a été bafoué au milieu même de ce peuple qui réclame rupture avec le passé, changement de système et de pratiques et arrêt des injustices. Certains diront que les opposants à l’expression de cette revendication féminine ( féministe ? ) ont agi par soucis de ne pas s’écarter de l’objectif principal : la chute du système en place. Mais force est de dire que l’argument ne tient à aucun fil. On a vu des avocats brandir des banderoles appelant au droits de la défense, des juges exiger une libération des griffes de la chancellerie, des victimes de terrorisme dire leur soif de justice … etc, sans que personne ne trouve à redire. Et c’est tant mieux d’ailleurs. Les femmes qui constituent une bonne portion de ce peuple qui bouge ont aussi droit au chapitre des revendications. Leur refuser l’expression, c’est consacrer la politique de l’exclusion chère à ce système qu’on invite à dégager. C’est réduire la moitié d’un peuple au silence.

L’écrivain Kamel Daoud, abordant cet incident qu’on appelle de tout cœur à ne pas se reproduire, a eu ce matin cette réaction : « On ne peut pas vouloir la liberté pour soi et l’interdire pour la femme algérienne. On ne peut pas dénoncer un système injuste et reproduire cette injustice sur la femme. On ne peut pas rêver d’une Algérie meilleure pour soi mais qui n’est pas meilleure pour les femmes algériennes. On ne peut pas dénoncer un Régime et avoir ses mœurs face à la femme. La liberté est entière. Ou c’est une injustice. On ne peut pas dire « dégagez tous maintenant ! » aux gangs du régime et dire aux femmes « ce n’est pas le moment ». On est contre ce Régime même quand il est dans nos esprits et nos habitudes. Ou bien on ne l’est pas ».

Abdelhamid Laibi

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