REMOUS DANS LES SERVICES : via Toufik, Bouteflika reprend la main

Selon des informations généralement sures, des mouvements concernant la haute hiérarchie des services de sécurité sont en cours. Le général Tartag serait sur le départ et le responsable de la DGSE, ( direction générale de la sécurité extérieure ), le général Mohamed Bouziet dit Youcef est déjà remplacé par le général Bendaoud, évincé en 2015, année de la disgrâce qui a entrainé la chute de son mentor, le général Toufik. Le général Bendaoud qui était en charge de la DSI ( Direction de la sécurité intérieure ) est réputé être apprécié des autorités françaises . On parle également du limogeage du général Abdelkader, responsable de la DSI ( département de la sécurité intérieure.)

Ce réaménagement qui replace Toufik, sinon au centre du pouvoir sécuritaire, du moins en situation de pouvoir y jouer un rôle influent, donne encore plus de poids aux arguments de ceux qui refusent de faire crédit à Bouteflika de la moindre intention de s’engager dans une stratégie de réforme et encore moins dans une perspective de transition.
Le général Toufik est, en effet, connu pour être un farouche partisan du statu quo et de la gestion politique par la manipulation. La réactivation des réseaux de Toufik risque d’exposer le mouvement du 22 février à des manœuvres encore plus insidieuses que celles qu’il a, pour l’heure, réussi à déjouer.

La tactique de Bouteflika qui joue la montre commence à se dessiner.

Vivant et ayant essentiellement exercé à l’extérieur, les hommes que Bouteflika a rappelés pour la vitrine ( Lamamra et Brahimi) n’ont aucune prise sur le pouvoir réel et, si Toufik l’aide à récupérer tout ou partie de son autorité, ébranlée par la rue, il pourra les renvoyer sans grand dommages internes.

Quand au chef d’Etat-major Ahmed Gaid Salah, coincé entre les tensions qui se manifestent dans l’armée après ses déclarations ambiguës contre les manifestations et les demandes, émanant du cercle présidentiel, l’empressant à s’impliquer politiquement et ouvertement contre eux, il représente désormais, pour ce dernier, un poids qui coûte plus qu’il ne rapporte.

Pour rappel, Ameslay a rapporté une information signalant que Toufik a fait partie de la réunion tenue autour de Bouteflika le 12 mars 2019 à Zeralda.

Younes Lakrib

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

%d blogueurs aiment cette page :