SAID SADI : « L’intervention de Gaïd Salah est grave en la forme et en son fond »

L’ancien président du RCD, Saïd Sadi qualifie « de grave en la forme et en son fond », l’appel de Gaïd Salah à l’application de l’article 102 de la constitution . « Le chef d’Etat major de l’ANP vient d’indiquer que l’application de l’article 102 consacrant l’incapacité du chef de l’Etat à exercer ses fonctions pourrait être une solution à la crise. Cette intervention est grave en la forme et en son fond », écrit-il dans un post publié sur sa page Facebook.

Selon lui, le « recours à l’article 102 implique le transfert du pouvoir au président du conseil de la nation jusqu’à l’élection présidentielle, ce qui revient à enfermer la dynamique citoyenne qui a mobilisé des millions d’Algériens pour le changement radical dans des structures et des mécanismes obsolètes et condamnés par des marches historiques qui ont suscité l’admiration du monde ».

« Sur le fond, et quelles que soient les raisons qui l’ont inspirée, cette sortie est inopportune car elle risque d’entraîner l’armée dans une spirale qui la mettrait en première ligne face au peuple. Or, fondamentalement, l’impasse algérienne n’est que la conséquence de la militarisation de la vie politique », souligne le fondateur du RCD.

Rappelant que la révolution citoyenne en cours impose de voir la réalité en face, Saïd Sadi affirme « qu’on ne peut pas sauver le régime et l’Algérie ». « Le failli ne peut pas gérer la faillite. Les artifices juridiques et administratifs propres à un régime moribond ne sont plus de mise dans un moment de vérité historique qui appelle au courage et à l’innovation pour engager un processus politique nécessairement extérieur aux us et pratiques qui ont conduit à la situation actuelle », tranche-t-il.

Pour lui, des « propositions ont été avancées pour une transition démocratique consensuelle » et même si « la voie est étroite mais il n’y a pas d’autre issue ». « Comparée aux bricolages de structures provisoires qui se profilent, et qui ont été éprouvées avec les résultats que l’on sait dans le passé, ou aux tentations des coups de force dont le pays ne s’est jamais remis, la transition démocratique reste la formule la plus crédible et la plus viable », souligne-t-il.

Afin de lui donner plus de chance de réussir, dit l’ancien président du RCD, il est capital que la mobilisation citoyenne demeure et s’accentue au moins jusqu’à sa mise en œuvre. « Il y va de l’avenir du pays et de celui de nos enfants. Ils veulent et ont le droit de vivre libres et dignement dans leur pays », indique Said Sadi.

Massinissa Ikhlef 

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

%d blogueurs aiment cette page :