Saïd Sadi : « l’offre du chef de l’Etat est un non-sens »

 L’offre du chef de l’Etat ou ceux qui parlent en son nom, consistant à organiser une présidentielle anticipée après le scrutin du 18 avril est sévèrement critiquée par l’ancien président du RCD et militant acharné de la démocratie, Saïd Sadi. Elle est qualifiée de « Non-sens « .
 

Invité  du journal électronique TSA, Saïd Sadi n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour moquer cette étrange proposition. Mais, selon lui, le chef de L’État qui est un grand adepte des coups d’État ne réussira pas cette fois-ci devant la détermination du peuple.

« Quand on dit on fait une élection pour aller vers une période de transition, c’est le monde à l’envers. La réforme, on la fait avant (…) . Pour que la politique avance, il faut la crédibilité et la confiance. Il n’y a ni l’une ni l’autre. La vie du chef de l’État se confond avec tous les coups fourrés de l’Algérie », lance-t-il.

Et d’ajouter : « Il a réussi tous ses putschs, mais cette fois je ne pense pas qu’il  va réussir parce qu’on ne peut pas réussir un coup d’État contre le peuple. Il n’y a pas de confiance parce que chacun d’entre nous a vu que, sitôt affirmée, la promesse est immédiatement reniée. Je peux témoigner de ce que j’ai personnellement vécu avec lui. On ne peut pas faire confiance à un homme qui renie ses engagements », indique-t-il.

De haut de sa longue expérience politique, Saïd Sadi donne aussi ses prévisions et ses suggestions concernant l’issue de la prochaine élection. Selon lui, ce scrutin ne devrait pas avoir lieu. « Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête de ceux qui détiennent le pouvoir effectif, mais je crois que l’élection sera reportée de fait. Aller vers cette élection est physiquement impossible. Je pense que les citoyens ne les laisseront pas se dérouler, sauf à l’organiser clandestinement », indique-t-il.

Des personnalités crédibles pour la transition

Évoquant l’éventuelle période de transition, l’ancien leader du RCD souligne que celle-ci peut être gérée par des personnalités qui ont gardé un minimum de crédibilité.

« On ne peut pas laisser vacante, la représentation symbolique de l’État. L’idée c’est de prendre un certain nombre de personnalités qui ont gardé un minimum de crédibilité pour représenter la nation le temps de cette phase de transition. Je dis ce que j’entends. Mais en gros, il y a un compromis qui est en train de se dégager autour de tout ça », précise-t-il.

Cette période de transition, avertit-il, ne doit pas s’éterniser. « Il ne faut pas qu’on s’enlise dans le provisoire, mais on ne peut pas non plus ne pas apurer le fichier électoral. Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas de mettre une personne à la place d’une autre. (…) La volonté c’est de ne pas s’abîmer dans une élection qui n’a pas de sens », propose-t-il.

Massinissa Ikhlef 

 

 

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