ALORS QUE LE RÉGIME TENTE UN FORCING : Le peuple sort pour freiner les ambitions de pouvoir de Gaïd Salah

Aujourd’hui est un vendredi. Un neuvième vendredi de contestation du régime en place. Comme au précédent, les portes de la capitale sont fermées aux manifestants venues des wilayas limitrophes. A Bouzegza et à Dar El Beida, des embouteillages monstres sont signalés dès la première heure. Pourtant, il y a 4 jours, le chef d’état major a rassuré les Algériens sur leur droit de manifester sous une protection totale du haut commandement de l’Armée. Le peuple Algérien est attendu par millions pour protéger son rêve du changement au moment où le général Ahmed Gaïd Salah montre des ambitions démesurées de s’emparer du pouvoir.

Alger et toutes les villes Algériennes commencent déjà à accueillir leurs premiers milliers de manifestants. Ce vendredi, les Algériens sortiront encore par millions dans les rues pour scander, encore et encore, le départ total  du système. Ils sortiront dans un moment particulier. D’un coté, le chef d’état major qui intervient déjà avec des accents d’un chef d’état en pressant le pas à la justice, en rassurant d’un ton ascendant son peuple et en promettant des solutions à l’aune de sa propre appréciation de la situation. De l’autre coté, les institutions illégitimes décriées par les millions d’Algériens font un grand forcing médiatique et politique pour asseoir un fait accompli. Le chef de l’État, Abdekader Bensalah, entame des négociations avec des partis maison et appelle à une conférence nationale pour lundi au palais des nations. Le porte parole du gouvernement adopte les mêmes accents provocateurs de ses prédécesseurs pour s’attaquer au peuple qui chasse les indus ministres et ose même des pincettes envers les maires et les élus locaux. La machine répressive reprend du service et de plus belle en se réappropriant même l’infâme pratique coloniale de déshabiller des femmes dans ses centres et en violent les franchises universitaires. La police politique travaille à plein régime.

Et c’est dans ce contexte où le système reprend son rythme d’avant, avec ses hommes et ses pratiques et sous l’œil approbateur du chef d’état major de l’Armée, que les millions d’Algériens sont appelés aujourd’hui à réaffirmer leur revendication d’une nouvelle république, libre, démocratique et civile. Un État où prime le civil sur le militaire.

Arezki Lounis

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