CRISE POLITIQUE EN ALGÉRIE : le gouvernement s’accroche au « respect de la Constitution »

Le gouvernement refuse d’entendre l’appel de la rue. Il tient au respect de la Constitution, matérialisé avec la désignation d’un chef d’Etat qui se chargera d’organiser une élection présidentielle dans un délai de 90 jours et le maintien du gouvernement Bedoui. « Non la constitution n’est pas dépassée. Elle n’est pas nulle et non advenue, tant qu’il n’y a pas une nouvelle constitution », affirme le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hassane Rabhi.

Intervenant lors d’une conférence de presse animée, aujourd’hui au palais du gouvernement, à l’issue d’un conseil du gouvernement, l’orateur estime que la démarche actuelle « s’inscrit dans le cadre du respect de la démocratie ».

« Les pouvoirs publics sont à l’écoute du peuple. Étant donné que le pays s’est engagé dans un processus démocratique, on ne peut pas sortir du cadre constitutionnel et des préceptes de la démocratie. Il ne faut pas sortir du champ légal », explique-t-il, en réponse à une question concernant la demande populaire du départ de tous les résidus du système Bouteflika qui s’accrochent encore au pouvoir au non du respect de la Constitution.

Répression des marches : « l’ordre serait menacé »

Interrogé sur la répression des marches à Alger et dans certaines wilayas, Hassane Rabhi commence d’abord par nier « l’existence de toute décision d’interdire les manifestations ». « Les rumeurs concernant l’interdiction des marches sont infondées. Le gouvernement respectent les marches tant qu’elle sont pacifiques », dit-il.

Mais il botte en touche, concernant la réaction violente des services de sécurité. « Nous faisons confiance aux services de sécurité qui ont bien géré ces manifestations. Mais s’il y a une réaction de leur part, c’est qu’ils ont considéré que l’ordre public était menacé », lance-t-il. Pour rappel, depuis le début de la semaine en cours, les policiers interdisaient toute manifestation dans la capitale. Ils procédaient à des arrestations systématiques des manifestants qui sont aussi matraqués et gazés.  

Massinissa Ikhlef 

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