Enterrement d’Abassi Madani, mouvement populaire, partis du pouvoir… : Ce qui s’est passé ce samedi

Cette journée du samedi est riche en images. Certaines sont choquantes, d’autres très touchantes. D’autres encore renseignent du degré de délitement du front politique pro-pouvoir.

Ce premier jour de la dixième semaine de contestation a connu le rassemblement de tous les militants du FIS, venus de toutes les wilayas du pays accompagner Abassi Madani à sa dernière demeure mais, aussi, pour scander leurs slogans djihadistes de sinistre mémoire. « Alayha Nahya wa alayha namout » a retenti devant la maison mortuaire du chef islamiste, mort au Qatar, et le long de tout le parcours funéraire qui mène vers le cimetière de Sidi M’hamed. Les images de ces militants, restés fidèles à leur ligne radicale, ont été diffusées par les chaines TV privées, Ennahar notamment. Elles ont choqué les Algériens et soulevé un tollé d’indignation sur les réseaux sociaux. La réapparition de ces horde islamistes, auxquelles le pouvoir n’a pas fermé les portes d’Alger, va être exploité à grande échelle pour jouer sur l’épouvantail islamiste que les tenants de l’option militariste vont agiter bruyamment.

Sur un autre plan, et non loin de cette manifestation grotesque des tenants de la ligne islamiste radicale, ce sont des handicapés qui ont tenu aujourd’hui le haut du pavé pour exprimer, à leur tour, le rejet du système politique en place, injuste envers cette catégorie sociale et leur aspiration à une Algérie nouvelle, juste, équitable et humaine.

Devant le siège du RND, les proches de Sedik Chihab se sont , encore une fois rassemblés pour demander le départ d’Ahmed Ouyahia. Ce dernier, convoqué par la justice pour affaires de corruption et de dilapidation de biens publics, fait face depuis des jours à une contestation de plus en plus grandissante des militants de base.

De son coté, le coordinateur du mouvement du redressement et de l’authenticité du Front de libération nationale, Abdelkrim Abada a accusé le président déchu, Abdelaziz Bouteflika, d’avoir « détruit le FLN, par vengeance à son exclusion du parti en 1980 ». Abada ne ménage pas non plus Said Bouteflika qu’il charge d’avoir fait appel aux caïd des cités, des receleurs de drogues et des voyous de tout acabit pour remplir les salles en guise de soutien du FLN au président déchu.

Enfin, l’actualité politique, de ce samedi, a été marquée par le limogeage du secrétaire général de la présidence Habba El Okbi et son remplacement par Nordine Ayadi, et le remerciement officiel du gestionnaire des résidences d’Etat de club des pins et de Moretti, Hamid Melzi.

Arezki Lounis

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