GALERIE D’ART CONTEMPORAIN « ESPACO» : Denis Martinez rend hommage au Maâlem Bahaz 

Hier, la galerie d’art contemporain « Espaco » était noire de monde car s’y déroulait le vernissage d’une exposition intitulée « « Bahaz Khouya Gnaoui Blidi, H’kayet Aâchra » (histoire d’une complicité)».

L’événement en question, organisé par la galerie d’art Espace d’art contemporain (Espaco) sous la direction du plasticien, journaliste, écrivain et critique d’art Jaoudet Gassouma, est la rencontre de deux artistes de génie, en l’occurrence le grand plasticien, Denis Martinez et le musicien, joueur de goumbri, Gnaoui Blidi, autour d’une performance artistique qui en dit long sur la complicité des deux hommes.

Au programme de cet événement, inauguré donc, hier, samedi 6 avril et devant s’étaler jusqu’au 4 mai prochain, une installation reproduisant l’univers du diwan, la projection d’un film documentaire, une conférence (prévue le 11 avril à 18h) et une performance artistique (13 avril à 15h).

Ainsi donc, cette exposition est un bel hommage au parcours artistique de l’un des grands maîtres de la musique diwan : le maâlem Mohammed Bahaz.

A l’entrée de la galerie, deux grands banner sur lesquels sont inscrits des couplets du diwan accueillent le visiteur. Puis, ce dernier est immédiatement happé dans un univers de signes et de couleurs. Pour découvrir cette magnifique collection d’œuvres et d’objets, proposée par Martinez, il faut passer sous les sept grands voiles (rouge, rose, vert, jaune, mauve, blanc et bleu), couleurs du diwan. C’est une première série de portraits de Mohammed Bahaz intitulée « Bahaz Fi Place E’toute » ainsi que de vieilles photos de l’artiste datées des années 1960 et retravaillées par Denis Martinez qui ornent les cimaises à l’entrée de la galerie. Puis, la déambulation se poursuit, avec une autre série de sept grands formats verticaux aux couleurs chamarrées intitulée « Tbel », sur lesquels on retrouve ces fameux signes berbères, véritable apostille de l’artiste plasticien, Denis Martinez.

Au centre de la galerie -et de l’exposition-, trône « Ganga Dendoune Tbel », à savoir plusieurs tambours, empilés et superbement décorés par l’artiste et au-dessus-desquels flottent des lames de bois, savamment ornés.  

A travers trois autres œuvres de grand format, intitulées « Agitation verticale » et 21 petits formats réalisés au charbon de bois sur toile et papier, réunis sous le titre« Bahaz énergie danse », l’artiste plasticien esquisse « l’énergie dégagée par le mâalem en mouvement ».

Dans un autre coin de la galerie, l’artiste a imaginé une sorte de petit boudoir, fait de voilages et autres objets. Le visiteur fait ainsi une incursion dans l’univers du diwan et le fond sonore enregistré par le maâlem ajoute un plus à cette ambiance mystique.

Pour rappel, Mohammed Bahaz, 77 ans, se produit depuis une vingtaine d’années sur scène, accompagné de ses enfants. Sa rencontre avec Denis Martinez remonte à plusieurs années déjà et les deux amis, sillonnent régulièrement ensemble le festival itinérant « Raconte’Art ».

Denis Martinez expliquera que ce travail consacré au maâlem a débuté en 2004 et ne « représente qu’un dixième d’une grande exposition proposée à deux reprises au Musée des arts modernes d’Alger (Mama) sans que le projet ne se concrétise ».

L’exposition sera visible jusqu’au 4 mai. Entrée libre.

Kahina A.

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