LA STRATÉGIE DE TERREUR N’A PAS PAYÉ : L’Algérie attend de Gaïd Salah le geste de bravoure

Le pouvoir politique en place ne veut pas se départir de ses réflexes démoniaques. Au lieu d’être à l’écoute de son peuple et tenter une mue dans le sens de l’histoire qui s’écrit, ses nouveaux maitres continuent de réchauffer les anciennes et dépassées recettes.

Sous la houlette du général de corps de l’Armée, le bras sécuritaire du système s’adonne à la politique de répression pour clamer l’ardeur républicaine du peuple en mouvement. Vendredi passé, il a bombardé le tunnel des facultés avec des gaz lacrymogènes sans se soucier des conséquences désastreuses que provoqueraient le mouvement de la foule intense. Heureusement que la grande bousculade n’a pas eu lieu, sinon la catastrophe serait arrivée. Avec des balles en caoutchouc, des policiers ont tiré sur le tas et sans discernement. Les éléments du GOSP, cagoulés, ont planté un décors de guerre que rien ne justifie.

Depuis une semaine, la tolérance démocratique est rangée. Des arrestations de militants politiques et activistes sont signalées à rythme accéléré. Pire encore, des femmes ont été conduites dans un commissariat et déshabillées pour mieux les humilier. Chez le corps bleu, tout est bon pour installer la terreur et croquer un peu de cette volonté d’émancipation qui ne faiblit pas. Pourtant, les Algériens, comme un seul homme, ont crié : « peuple, police : khawa, khawa».

Les nouveaux maitres du régime veulent mater le peuple, nouveau maitre d’Algérie, pour régénérer un système mis en bière depuis le 22 février. Et il ne réussiront pas. L’annonce des magistrats de ne pas superviser les élections, la détermination des 40 APC RCD et plusieurs autres, toutes tendances confondues, de ne pas les organiser et le ferme engagement du peuple à ne pas céder au climat de terreur qu’on veut lui opposer, vont finir, sous peu, d’atteindre le but.

Le chef d’état major, Ahmed Gaïd Salah, en visite aujourd’hui à Ouargla, va s’exprimer aujourd’hui ou demain. Espérons qu’il laissera parler la raison et la sagesse. L’Algérie 2019 n’est plus celle des années glorieuses des totalitarismes. Il doit savoir trouver les ressors nécessaires pour baisser képi. Se rendre à son peuple est un acte de bravoure. Et il vaut mille batailles gagnées.

Arezki Lounis

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